Libération, 28 septembre 2010
Plusieurs mesures marquent un recul de la prise en charge par l’assurance maladie: modification du dispositif du ticket modérateur, remboursement à 30% de médicaments actuellement remboursés à 35, etc.
Le budget 2011 de la Sécurité sociale prévoit 2,5 milliards d'euros d’économies pour la branche maladie, la plus lourdement dans le rouge. Ce qui devrait permettre de limiter son déficit à 11,6 milliards.
Sans les mesures inscrites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le déficit de la branche maladie du régime général (salariés du privé) aurait atteint 14,5 milliards d’euros, selon les chiffres présentés, plus tôt dans la journée, par la Commission des comptes.
Plus globalement, le gouvernement prévoit, dans le budget 2011 de la Sécurité sociale, de limiter à 21,4 milliards d’euros le déficit du régime général , toutes branches confondues du régime général (maladie, vieillesse, accidents du travail, famille). Soit un effort de plus de 7 milliards.
Or, d’après les chiffres de la Commission de comptes de la Sécurité sociale (CCSS), le déficit 2011 du régime général (salariés du privé) pourrait atteindre 28,6 milliards. Mais le gouvernement a corrigé cette prévision, pour tenir compte des mesures de son Projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS).
Pour l'assurance maladie, plusieurs mesures marquent un recul de la prise en charge. Si elles ne représentent que 10% de l’effort financier, ce sont sans doute les plus délicates à faire passer auprès de l’opinion.
Les médicaments actuellement remboursés à 35%, à vignette bleue, ne le seront plus qu’à 30%.
A l’hôpital, le dispositif du ticket modérateur sera modifié défavorablement pour les patients.
Actuellement, les patients paient 20% de leur poche sur les actes jusqu’à 91 euros. Une participation forfaitaire de 18 euros est ensuite appliquée au-delà. Le budget 2011 prévoit de relever le seuil de 91 à 120 euros.
La plus grosse part de l’effort (1,2 milliards) portera sur le «renforcement de l’efficience du système de soins», les hôpitaux et le secteur du médico-social (personnes âgées et handicapées) étant particulièrement visés, mais aussi sur l’encadrement des prescriptions des médecines de ville.
Le gouvernement compte par ailleurs réaliser près de 900 millions d’euros d’économies grâce à des baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux, ainsi qu’à des baisses de tarifs de certains professionnels de santé (radiologie, biologie).
Pour la branche retraites, les mesures sont connues depuis plusieurs mois, dans le cadre de la réforme des retraites.
Trois sont notamment inscrites dans le PLFSS:
- hausse des cotisations sociales sur les stock-options et sur les retraites chapeaux,
- modification du mode de calcul des allégements généraux de charges patronales (qui doit rapporter 2 milliards d’euros).
Le budget 2011 prévoit aussi la hausse de 0,1 point des cotisations patronales pour la branche «accidents du travail et maladies professionnelles», ce qui doit rapporter 450 millions.
Le PLFSS ne pose pas que des mesures d'économie. Il prévoit notamment, pour les victimes de l’amiante, un délai rallongé de 4 à 10 ans pour tenter d’obtenir réparation auprès du fonds d’indemnisation de l’amiante.
Afin de permettre à plus d’assurés de compléter les remboursements de l’assurance maladie, le gouvernement va aussi relever le plafond de ressources pour bénéficier de l’Aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS).
mardi 28 septembre 2010
Le gouvernement veut "garrotter l'hémorragie" de la Sécurité sociale
Le Monde, 28 septembre 2010
Faut-il s'en féliciter ? La meilleure tenue de l'emploi, notamment, va permettre au déficit du régime général de la Sécurité sociale de s'élever à 23,1 milliards d'euros en 2010, contre 26,8 milliards prévus en juin dernier, puis à 21,4 milliards d'euros en 2011, et non plus 28,6 milliards.
C'est ce que devait annoncer le gouvernement, qui doit présenter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2011, en fin d'après-midi ce mardi 28 septembre. Certes c'est moins que redouté, mais cela reste gigantesque. Rappelons qu'avant la crise, en 2008, il s'élevait à 10,2 milliards d'euros.
Pour le ministre du budget François Baroin, le principal objectif pour l'an prochain était de "garrotter l'hémorragie". La réduction du déficit attendra.
Sur les 21,4 milliards de 2011, seule la branche accidents du travail-maladies professionnelles ne devrait pas s'inscrire dans le rouge, mais dégager 0,1 milliard d'euros. Le déficit de la branche famille devrait s'élever à 3 milliards d'euros, et celui de la branche vieillesse, à 6,9 milliards.
C'est en fait l'assurance-maladie qui sera responsable de plus de la moitié du "trou" de la Sécu, à -11,6 milliards. Soit à peu près autant qu'en 2010.
Si le gouvernement se montre offensif en matière de réduction de déficit public, du côté de la santé, sujet très sensible et particulièrement complexe, s'est sur la stabilité qu'il mise. Pour cela, il faudra cependant maîtriser l'envol naturel des dépenses de santé, qui s'affiche entre 3% à et 4% par an.
Le président de la République avait d'ores et déjà annoncé au printemps que l'objectif national de dépenses d'assurance-maladie (Ondam) devrait s'afficher à 2,9% en 2011, soit pour la première fois sous la barre des 3%.
Environ 2,5 milliards d'économies devront donc être dégagés. Soit bien peu sur un total des dépenses qui devrait dépasser les 165 milliards d'euros.
Alors que pour beaucoup, augmenter les prélèvements obligatoires semble inéluctable pour rétablir l'équilibre de l'Assurance-maladie, ce plan, qui ressemble à ceux mis en place avant la crise, ne manquera pas de susciter de nombreuses réactions.
"Tout le monde parle de plan d'économies, mais il s'agit d'un plan de dépenses car ce sont au final 5 milliards d'euros supplémentaires par rapport à 2010 qui seront consacrés à la santé", explique Claude Le Pen, économiste de la santé (Paris Dauphine).
"On a le sentiment d'une politique qui consiste à mettre pour l'essentiel la poussière sous le tapis", estime pour sa part Marisol Touraine, député PS d'Indre-et-Loir, et chargée de la protection sociale au sein du parti.
Pour atteindre 2,5 milliards de réduction de dépenses, le gouvernement va demander des efforts aux laboratoires pharmaceutiques, aux professionnels de santé, mais aussi aux assurés eux-mêmes. Une hausse des cotisations des complémentaires de santé est donc à prévoir.
La mesure phare devrait concerner la baisse du taux de remboursement des médicaments à vignette bleue au service médical rendu jugé modéré (Smecta, Spasfon…). Jusqu'alors pris en charge à hauteur de 35%, ils ne le seraient plus qu'à 30%.
Déjà cette année dernière, plus de 150 médicaments de cette catégorie avaient été "rétrogradés" dans une autre, spécialement créée, qui regroupe désormais les produits remboursés à hauteur de 15% (vignette orange).
En revanche, le gouvernement a renoncé à augmenter le ticket modérateur payé par les Français lors de leurs consultations chez les médecins, infirmiers ou encore kinésithérapeutes.
Alors que jusque-là l'assurance-maladie prenait en charge 70% de la facture, le taux devait descendre à 69,5%. Mais la mesure, fortement décriée, était techniquement compliquée à mettre en place pour le système informatique de l'Assurance-maladie.
En outre, selon certains observateurs, avec 200 millions d'euros, l'économie était faible, comparé au risque politique.
Laetitia Clavreul
Faut-il s'en féliciter ? La meilleure tenue de l'emploi, notamment, va permettre au déficit du régime général de la Sécurité sociale de s'élever à 23,1 milliards d'euros en 2010, contre 26,8 milliards prévus en juin dernier, puis à 21,4 milliards d'euros en 2011, et non plus 28,6 milliards.
C'est ce que devait annoncer le gouvernement, qui doit présenter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2011, en fin d'après-midi ce mardi 28 septembre. Certes c'est moins que redouté, mais cela reste gigantesque. Rappelons qu'avant la crise, en 2008, il s'élevait à 10,2 milliards d'euros.
Pour le ministre du budget François Baroin, le principal objectif pour l'an prochain était de "garrotter l'hémorragie". La réduction du déficit attendra.
Sur les 21,4 milliards de 2011, seule la branche accidents du travail-maladies professionnelles ne devrait pas s'inscrire dans le rouge, mais dégager 0,1 milliard d'euros. Le déficit de la branche famille devrait s'élever à 3 milliards d'euros, et celui de la branche vieillesse, à 6,9 milliards.
C'est en fait l'assurance-maladie qui sera responsable de plus de la moitié du "trou" de la Sécu, à -11,6 milliards. Soit à peu près autant qu'en 2010.
Si le gouvernement se montre offensif en matière de réduction de déficit public, du côté de la santé, sujet très sensible et particulièrement complexe, s'est sur la stabilité qu'il mise. Pour cela, il faudra cependant maîtriser l'envol naturel des dépenses de santé, qui s'affiche entre 3% à et 4% par an.
Le président de la République avait d'ores et déjà annoncé au printemps que l'objectif national de dépenses d'assurance-maladie (Ondam) devrait s'afficher à 2,9% en 2011, soit pour la première fois sous la barre des 3%.
Environ 2,5 milliards d'économies devront donc être dégagés. Soit bien peu sur un total des dépenses qui devrait dépasser les 165 milliards d'euros.
Alors que pour beaucoup, augmenter les prélèvements obligatoires semble inéluctable pour rétablir l'équilibre de l'Assurance-maladie, ce plan, qui ressemble à ceux mis en place avant la crise, ne manquera pas de susciter de nombreuses réactions.
"Tout le monde parle de plan d'économies, mais il s'agit d'un plan de dépenses car ce sont au final 5 milliards d'euros supplémentaires par rapport à 2010 qui seront consacrés à la santé", explique Claude Le Pen, économiste de la santé (Paris Dauphine).
"On a le sentiment d'une politique qui consiste à mettre pour l'essentiel la poussière sous le tapis", estime pour sa part Marisol Touraine, député PS d'Indre-et-Loir, et chargée de la protection sociale au sein du parti.
Pour atteindre 2,5 milliards de réduction de dépenses, le gouvernement va demander des efforts aux laboratoires pharmaceutiques, aux professionnels de santé, mais aussi aux assurés eux-mêmes. Une hausse des cotisations des complémentaires de santé est donc à prévoir.
La mesure phare devrait concerner la baisse du taux de remboursement des médicaments à vignette bleue au service médical rendu jugé modéré (Smecta, Spasfon…). Jusqu'alors pris en charge à hauteur de 35%, ils ne le seraient plus qu'à 30%.
Déjà cette année dernière, plus de 150 médicaments de cette catégorie avaient été "rétrogradés" dans une autre, spécialement créée, qui regroupe désormais les produits remboursés à hauteur de 15% (vignette orange).
En revanche, le gouvernement a renoncé à augmenter le ticket modérateur payé par les Français lors de leurs consultations chez les médecins, infirmiers ou encore kinésithérapeutes.
Alors que jusque-là l'assurance-maladie prenait en charge 70% de la facture, le taux devait descendre à 69,5%. Mais la mesure, fortement décriée, était techniquement compliquée à mettre en place pour le système informatique de l'Assurance-maladie.
En outre, selon certains observateurs, avec 200 millions d'euros, l'économie était faible, comparé au risque politique.
Laetitia Clavreul
lundi 27 septembre 2010
Le déficit de la Sécu résiste aux plans d'économie
Le Monde, 28 septembnre 2010
Le gouvernement doit lever le voile mardi sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2011, confrontée à des déficits historiques.
Evalué à près de 27 milliards d'euros avant l'été, le déficit 2010 du régime général devrait finalement être un peu moins lourd, grâce à une embellie de l'emploi, mais il n'en atteindra pas moins un niveau record.
Selon Les Echos mardi, le déficit du régime général sera de 23 milliards d'euros, la réforme des retraites permettant tout juste de stabiliser le déficit de la branche vieillesse.
La commission des comptes de la Sécurité sociale doit surtout livrer mardi une première prévision pour 2011, qui sera rapidement corrigée dans la journée par le gouvernement, pour tenir compte des mesures du PLFSS.
"Notre objectif pour l'année prochaine, c'est de garrotter l'hémorragie et d'être en dessous si possible du niveau" de 2010, a confié dimanche le ministre du budget, François Baroin. Le volet vieillesse du budget a déjà été largement présenté dans le cadre de la réforme des retraites.
Pour l'assurance-maladie, la prévision de déficit présentée à la commission des comptes de la Sécurité sociale sera légèrement inférieure à 12 milliards d'euros, précise le quotidien économique.
Le gouvernement a fixé un taux ambitieux d'évolution des dépenses d'assurance-maladie, à + 2,9 %, alors que le rythme annuel ces dernières années s'était établi entre + 3 % et + 4 %. Mais il n'a pas encore dévoilé les mesures qui permettront d'y parvenir.
Les Echos ont fait état d'un plan d'économies de 2,5 milliards d'euros dans les tuyaux pour l'assurance-maladie, une information ni confirmée ni démentie.
Selon Les Echos et Le Figaro, une seule mesure importante a été abandonnée dans la dernière ligne droite : l'idée d'augmenter légèrement (de 0,5 point) le ticket modérateur qui reste à la charge des assurés pour les consultations de médecins, les analyses médicales ou les séances de kinésithérapie.
Les assurés seront tout de même mis à contribution : les médicaments, dont le service médical est considéré comme modéré (vignettes bleues), devraient voir leur taux de remboursement passer de 35 % à 30 %.
Associations de patients et syndicats de salariés ont déjà vivement protesté. De leur côté, les mutuelles santé, qui complètent les remboursements de l'assurance-maladie, ont déjà prévenu que de telles mesures conduiraient à une hausse de leurs tarifs.
Le gouvernement doit lever le voile mardi sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2011, confrontée à des déficits historiques.
Evalué à près de 27 milliards d'euros avant l'été, le déficit 2010 du régime général devrait finalement être un peu moins lourd, grâce à une embellie de l'emploi, mais il n'en atteindra pas moins un niveau record.
Selon Les Echos mardi, le déficit du régime général sera de 23 milliards d'euros, la réforme des retraites permettant tout juste de stabiliser le déficit de la branche vieillesse.
La commission des comptes de la Sécurité sociale doit surtout livrer mardi une première prévision pour 2011, qui sera rapidement corrigée dans la journée par le gouvernement, pour tenir compte des mesures du PLFSS.
"Notre objectif pour l'année prochaine, c'est de garrotter l'hémorragie et d'être en dessous si possible du niveau" de 2010, a confié dimanche le ministre du budget, François Baroin. Le volet vieillesse du budget a déjà été largement présenté dans le cadre de la réforme des retraites.
Pour l'assurance-maladie, la prévision de déficit présentée à la commission des comptes de la Sécurité sociale sera légèrement inférieure à 12 milliards d'euros, précise le quotidien économique.
Le gouvernement a fixé un taux ambitieux d'évolution des dépenses d'assurance-maladie, à + 2,9 %, alors que le rythme annuel ces dernières années s'était établi entre + 3 % et + 4 %. Mais il n'a pas encore dévoilé les mesures qui permettront d'y parvenir.
Les Echos ont fait état d'un plan d'économies de 2,5 milliards d'euros dans les tuyaux pour l'assurance-maladie, une information ni confirmée ni démentie.
Selon Les Echos et Le Figaro, une seule mesure importante a été abandonnée dans la dernière ligne droite : l'idée d'augmenter légèrement (de 0,5 point) le ticket modérateur qui reste à la charge des assurés pour les consultations de médecins, les analyses médicales ou les séances de kinésithérapie.
Les assurés seront tout de même mis à contribution : les médicaments, dont le service médical est considéré comme modéré (vignettes bleues), devraient voir leur taux de remboursement passer de 35 % à 30 %.
Associations de patients et syndicats de salariés ont déjà vivement protesté. De leur côté, les mutuelles santé, qui complètent les remboursements de l'assurance-maladie, ont déjà prévenu que de telles mesures conduiraient à une hausse de leurs tarifs.
dimanche 26 septembre 2010
La contestation de l'assurance-maladie et du gouvernement au coeur des élections professionnelles chez les médecins
Le Monde, 27 septembre 2010
Les quelque 120 000 médecins libéraux ont jusqu'à mercredi 29 septembre pour envoyer par la poste leur bulletin de vote pour leurs élections professionnelles. Cette fois, difficile de s'y retrouver.
Quel que soit le syndicat, le thème du combat est le même : sauvegarder la médecine libérale, et en son sein la médecine générale. Jugés responsables de la crise actuelle, le gouvernement et l'assurance-maladie sont vivement critiqués.
Patrick Hassenteufel, professeur de sciences politiques à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, constate pour ce scrutin "un contexte bien plus tendu" qu'habituellement. Il faut dire que "lors des dernières élections, ceux qui se sont inscrits dans la contestation l'ont toujours emporté", ajoute-t-il.
La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST), votée en 2009, est vivement remise en cause, surtout par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), première force en présence et opposante de la première heure à ce "texte liberticide", selon son président, Michel Chassang.
Réuni en université d'été ce week-end à Cannes, le syndicat, qui avait soigneusement évité d'inviter la ministre de la santé Roselyne Bachelot, a menacé de ne pas voter la prochaine convention avec l'assurance-maladie, si la loi n'était pas "nettoyée".
Tant que les élections ne sont pas passées, la contestation continue. Et ce, malgré la suspension par le gouvernement de l'application de mesures très décriées comme l'obligation pour les professionnels installés en zone surdotée en médecins d'exercer quelques demi-journées en zone déficitaire, et malgré la promesse de Nicolas Sarkozy d'une revalorisation des tarifs de consultation.
"Ce sont des actes que nous voulons", insiste Vincent Rébeillé-Borgella, secrétaire général de MG France.
Ce syndicat a soutenu la loi HPST, ce que ne manque jamais de rappeler la CSMF, son principal adversaire dans le collège des généralistes. Mais depuis, il a changé de président et adopte une attitude plus dure vis-à-vis du gouvernement.
Du côté des réformistes, auquel MG France appartient, c'est davantage la superpuissance des caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM) qu'on dénonce.
Plusieurs généralistes sont ainsi engagés dans des procès en vue de se voir reconnaître le droit d'utiliser le même tarif que les spécialistes. L'Union généraliste, branche de la Fédération des médecins français qui fait campagne sur le thème du "harcèlement" des caisses, vient en outre de déposer huit plaintes pour "abus de droit".
"Double crise"
Tous les syndicats mesurent le ras-le-bol des "contrôles et autres tracasseries administratives" exercés selon eux par les caisses primaires. Ceux qui facturent 23 euros leur consultation ont ainsi été rappelés à l'ordre de leur caisse primaire. Ils répondaient à un appel de la CSMF réputée proche de l'assurance-maladie, qui avait lancé cette surfacturation anticipant la hausse du tarif prévue au 1er janvier 2011.
Pourquoi une telle tension, un tel malaise ? "Les médecins sont au coeur d'une double crise : de vocation, avec l'apparition de déserts médicaux, et de statut, avec le débat sur la liberté d'installation", explique Claude Le Pen, économiste de la santé (Paris-Dauphine).
Face à la montée du salariat, aux craintes d'étatisation exprimées par les syndicats, "c'est à celui qui défendra le mieux l'honneur perdu", ajoute-t-il. Ce qui explique que les lignes de fracture soient moins nettes.
Pour les syndicats, ces élections sont un enjeu de taille : des scores dépendra la possibilité, ou non, de négocier dans les prochains mois la nouvelle convention avec l'assurance-maladie.
L'issue du scrutin sera aussi observée de près par la majorité, qui saura alors dans quel sens orienter sa politique pour reconquérir avant 2012 cet électorat jusque-là plutôt acquis, mais qui reste marqué par sa non-participation à la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. Les résultats seront connus lundi 4 octobre.
Laetitia Clavreul
Les quelque 120 000 médecins libéraux ont jusqu'à mercredi 29 septembre pour envoyer par la poste leur bulletin de vote pour leurs élections professionnelles. Cette fois, difficile de s'y retrouver.
Quel que soit le syndicat, le thème du combat est le même : sauvegarder la médecine libérale, et en son sein la médecine générale. Jugés responsables de la crise actuelle, le gouvernement et l'assurance-maladie sont vivement critiqués.
Patrick Hassenteufel, professeur de sciences politiques à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, constate pour ce scrutin "un contexte bien plus tendu" qu'habituellement. Il faut dire que "lors des dernières élections, ceux qui se sont inscrits dans la contestation l'ont toujours emporté", ajoute-t-il.
La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST), votée en 2009, est vivement remise en cause, surtout par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), première force en présence et opposante de la première heure à ce "texte liberticide", selon son président, Michel Chassang.
Réuni en université d'été ce week-end à Cannes, le syndicat, qui avait soigneusement évité d'inviter la ministre de la santé Roselyne Bachelot, a menacé de ne pas voter la prochaine convention avec l'assurance-maladie, si la loi n'était pas "nettoyée".
Tant que les élections ne sont pas passées, la contestation continue. Et ce, malgré la suspension par le gouvernement de l'application de mesures très décriées comme l'obligation pour les professionnels installés en zone surdotée en médecins d'exercer quelques demi-journées en zone déficitaire, et malgré la promesse de Nicolas Sarkozy d'une revalorisation des tarifs de consultation.
"Ce sont des actes que nous voulons", insiste Vincent Rébeillé-Borgella, secrétaire général de MG France.
Ce syndicat a soutenu la loi HPST, ce que ne manque jamais de rappeler la CSMF, son principal adversaire dans le collège des généralistes. Mais depuis, il a changé de président et adopte une attitude plus dure vis-à-vis du gouvernement.
Du côté des réformistes, auquel MG France appartient, c'est davantage la superpuissance des caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM) qu'on dénonce.
Plusieurs généralistes sont ainsi engagés dans des procès en vue de se voir reconnaître le droit d'utiliser le même tarif que les spécialistes. L'Union généraliste, branche de la Fédération des médecins français qui fait campagne sur le thème du "harcèlement" des caisses, vient en outre de déposer huit plaintes pour "abus de droit".
"Double crise"
Tous les syndicats mesurent le ras-le-bol des "contrôles et autres tracasseries administratives" exercés selon eux par les caisses primaires. Ceux qui facturent 23 euros leur consultation ont ainsi été rappelés à l'ordre de leur caisse primaire. Ils répondaient à un appel de la CSMF réputée proche de l'assurance-maladie, qui avait lancé cette surfacturation anticipant la hausse du tarif prévue au 1er janvier 2011.
Pourquoi une telle tension, un tel malaise ? "Les médecins sont au coeur d'une double crise : de vocation, avec l'apparition de déserts médicaux, et de statut, avec le débat sur la liberté d'installation", explique Claude Le Pen, économiste de la santé (Paris-Dauphine).
Face à la montée du salariat, aux craintes d'étatisation exprimées par les syndicats, "c'est à celui qui défendra le mieux l'honneur perdu", ajoute-t-il. Ce qui explique que les lignes de fracture soient moins nettes.
Pour les syndicats, ces élections sont un enjeu de taille : des scores dépendra la possibilité, ou non, de négocier dans les prochains mois la nouvelle convention avec l'assurance-maladie.
L'issue du scrutin sera aussi observée de près par la majorité, qui saura alors dans quel sens orienter sa politique pour reconquérir avant 2012 cet électorat jusque-là plutôt acquis, mais qui reste marqué par sa non-participation à la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. Les résultats seront connus lundi 4 octobre.
Laetitia Clavreul
mercredi 22 septembre 2010
Mireille Faugère va diriger l'AP-HP
AFP, 22 septembre 2010
Mireille Faugère a été nommée aujourd'hui en Conseil des ministres directrice de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur proposition de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, selon un compte rendu du Conseil.
Actuelle conseillère de Guillaume Pépy à la SNCF en charge des "grandes lignes", Mireille Faugère remplacera Benoît Leclerc, sur fond de tensions autour de l'adoption prochaine d'un plan stratégique à cinq ans visant à améliorer l'offre de soins tout en revenant à l'équilibre financier d'ici à 2012.
Selon ce plan, les 37 hôpitaux devraient être regroupés en 12 groupes hospitaliers. Par le jeu des regroupements et des mutualisations de moyens, la direction a évoqué la possibilité de supprimer entre 3.000 et 4.000 postes d'ici à 2012.
Avec près de 90.000 professionnels, l’AP-HP est le premier employeur d'Ile-de-France.
Mireille Faugère a été nommée aujourd'hui en Conseil des ministres directrice de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur proposition de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, selon un compte rendu du Conseil.
Actuelle conseillère de Guillaume Pépy à la SNCF en charge des "grandes lignes", Mireille Faugère remplacera Benoît Leclerc, sur fond de tensions autour de l'adoption prochaine d'un plan stratégique à cinq ans visant à améliorer l'offre de soins tout en revenant à l'équilibre financier d'ici à 2012.
Selon ce plan, les 37 hôpitaux devraient être regroupés en 12 groupes hospitaliers. Par le jeu des regroupements et des mutualisations de moyens, la direction a évoqué la possibilité de supprimer entre 3.000 et 4.000 postes d'ici à 2012.
Avec près de 90.000 professionnels, l’AP-HP est le premier employeur d'Ile-de-France.
60% de la chirurgie est faite dans le privé
AFP, 22 septembre 2010
Les 1.100 cliniques et hôpitaux privés réalisent 60% des actes chirurgicaux en France et prennent en charge environ un tiers des hospitalisations, selon la première grande étude du secteur rendue publique aujourd'hui par la fédération de l'hospitalisation privée (FHP) révélée aujourd'hui.
Réalisé avec le groupe Montaigne, spécialiste du secteur hospitalier et le cabinet Mazars pour la partie financière, le premier rapport d'activité sur l'hospitalisation privée, destiné à être reproduit chaque année, se veut "une base d'information exhaustive et la plus objective possible" sur ce secteur qui a accueilli près de 7 M de séjours en 2008, soit environ 30% des hospitalisations en France.
Les cliniques et hôpitaux privés réalisent notamment 60% des actes chirurgicaux, 25% des séjours en médecine, 28% des accouchements, 30% des séjours soins de suite et réadaptation et 20% des hospitalisations psychiatriques.
Le secteur est en pointe dans le développement de l'activité ambulatoire avec 67% de part de marché en chirurgie, souligne aussi le rapport.
Avec 2 M de passages aux urgences (soit 14% des passages en France) dans les 126 cliniques autorisées en 2008, le secteur privé "représente un maillon indispensable du système de santé", selon cette étude.
Gros employeurs, avec 140.000 salariés, dont 49,5% d'infirmières diplômées d'Etat, les cliniques et hôpitaux privés couvrent la quasi-totalité des pathologies, y compris les pathologies lourdes, en dehors des greffes d'organes juridiquement réservées aux établissements publics et privés non lucratifs.
En 2007, 40.000 médecins exerçaient leur activité au sein de cliniques et hôpitaux privés (dont 36.000 libéraux).
Le secteur est toutefois confronté à un problème majeur de démographie médicale, de nombreux patriciens arrivant à l'âge de la retraite.
"La baisse des effectifs est particulièrement notable dans l'obstétrique (-6,7 %) et la pédiatrie (-9,6%), où le manque de médecins est souvent responsable de la fermeture des services et de la disparition de l'activité", note le rapport.
Les 1.100 cliniques et hôpitaux privés réalisent 60% des actes chirurgicaux en France et prennent en charge environ un tiers des hospitalisations, selon la première grande étude du secteur rendue publique aujourd'hui par la fédération de l'hospitalisation privée (FHP) révélée aujourd'hui.
Réalisé avec le groupe Montaigne, spécialiste du secteur hospitalier et le cabinet Mazars pour la partie financière, le premier rapport d'activité sur l'hospitalisation privée, destiné à être reproduit chaque année, se veut "une base d'information exhaustive et la plus objective possible" sur ce secteur qui a accueilli près de 7 M de séjours en 2008, soit environ 30% des hospitalisations en France.
Les cliniques et hôpitaux privés réalisent notamment 60% des actes chirurgicaux, 25% des séjours en médecine, 28% des accouchements, 30% des séjours soins de suite et réadaptation et 20% des hospitalisations psychiatriques.
Le secteur est en pointe dans le développement de l'activité ambulatoire avec 67% de part de marché en chirurgie, souligne aussi le rapport.
Avec 2 M de passages aux urgences (soit 14% des passages en France) dans les 126 cliniques autorisées en 2008, le secteur privé "représente un maillon indispensable du système de santé", selon cette étude.
Gros employeurs, avec 140.000 salariés, dont 49,5% d'infirmières diplômées d'Etat, les cliniques et hôpitaux privés couvrent la quasi-totalité des pathologies, y compris les pathologies lourdes, en dehors des greffes d'organes juridiquement réservées aux établissements publics et privés non lucratifs.
En 2007, 40.000 médecins exerçaient leur activité au sein de cliniques et hôpitaux privés (dont 36.000 libéraux).
Le secteur est toutefois confronté à un problème majeur de démographie médicale, de nombreux patriciens arrivant à l'âge de la retraite.
"La baisse des effectifs est particulièrement notable dans l'obstétrique (-6,7 %) et la pédiatrie (-9,6%), où le manque de médecins est souvent responsable de la fermeture des services et de la disparition de l'activité", note le rapport.
mardi 21 septembre 2010
Avec la crise, des Français renoncent à se soigner
Libération, 21 septembre 2010
La crise a fait bondir le renoncement aux soins en France. C'est ce qui ressort du dernier baromètre «Cercle Santé - Europ Assistance». Le pourcentage de personnes qui ont reporté une dépense de santé ou qui ont tout simplement renoncé à un soin, a bondi de douze points en un an. Ainsi, cette année, 23% des Français ont été concernés par le renoncement aux soins, contre 11% dans le baromètre précédent.
Sur les huit pays sondés pour ce baromètre (sept pays européens, plus les Etats-Unis), seule la Pologne connaît une hausse du même type. Les Polonais sont aussi ceux qui renoncent le plus à se faire soigner (25%), devant les Américains (24%) et, donc, les Français.
La moitié des Français (49%) juge ainsi que le système de santé ne garantit pas l'égalité de l'accès aux soins. L'exacte autre moitié, ou quasiment (48%), pense le contraire.
Quant aux concessions qu'ils sont prêts à faire pour réduire les inégalités d'accès aux soins, les Français restent opposés, à une courte majorité (51%), à une augmentation des cotisations ou des impôts. Mais elle reste la solution citée en premier (32% des Français), devant la hausse des franchises médicales (28%) et celles des assurances ou mutuelles privées (23%).
Rien à voir, mais ce baromètre nous enseigne aussi que les Français restent réfractaires à l'utilisation d'Internet pour se soigner. Ils sont seulement 45% à consulter la toile régulièrement pour s'informer et se trouvent ainsi en queue de peloton, avec les Italiens (46%). En comparaison, les Suédois sont 67% à le faire, les Américains 66%.
87% des Français rejettent les consultations médicales par Internet, un taux nettement plus fort que dans les autres pays étudiés. Décidément pas dans la culture française, la compatibilité entre médecine et Internet: 67% sont opposés à la notation en ligne des docteurs.
La crise a fait bondir le renoncement aux soins en France. C'est ce qui ressort du dernier baromètre «Cercle Santé - Europ Assistance». Le pourcentage de personnes qui ont reporté une dépense de santé ou qui ont tout simplement renoncé à un soin, a bondi de douze points en un an. Ainsi, cette année, 23% des Français ont été concernés par le renoncement aux soins, contre 11% dans le baromètre précédent.
Sur les huit pays sondés pour ce baromètre (sept pays européens, plus les Etats-Unis), seule la Pologne connaît une hausse du même type. Les Polonais sont aussi ceux qui renoncent le plus à se faire soigner (25%), devant les Américains (24%) et, donc, les Français.
La moitié des Français (49%) juge ainsi que le système de santé ne garantit pas l'égalité de l'accès aux soins. L'exacte autre moitié, ou quasiment (48%), pense le contraire.
Quant aux concessions qu'ils sont prêts à faire pour réduire les inégalités d'accès aux soins, les Français restent opposés, à une courte majorité (51%), à une augmentation des cotisations ou des impôts. Mais elle reste la solution citée en premier (32% des Français), devant la hausse des franchises médicales (28%) et celles des assurances ou mutuelles privées (23%).
Rien à voir, mais ce baromètre nous enseigne aussi que les Français restent réfractaires à l'utilisation d'Internet pour se soigner. Ils sont seulement 45% à consulter la toile régulièrement pour s'informer et se trouvent ainsi en queue de peloton, avec les Italiens (46%). En comparaison, les Suédois sont 67% à le faire, les Américains 66%.
87% des Français rejettent les consultations médicales par Internet, un taux nettement plus fort que dans les autres pays étudiés. Décidément pas dans la culture française, la compatibilité entre médecine et Internet: 67% sont opposés à la notation en ligne des docteurs.
Inscription à :
Articles (Atom)