vendredi 17 septembre 2010

La santé des Français leur a coûté 223 milliards d'euros en 2009

Le Monde, 17 septembre 2010

Les Français ont dépensé 223 milliards d'euros pour leur santé en 2009, un chiffre en augmentation de 4 % par rapport à 2008, selon le rapport annuel de la Commission des comptes de la santé.

La consommation de soins et de biens médicaux représente les trois quarts de cette dépense, mais d'autres postes sont en forte augmentation, comme les soins aux personnes âgées placées dans des maisons de retraite (+ 15 %) et les dépenses de prévention (+ 12,9 %).

Cette dernière augmentation est à rattacher à la campagne de vaccination contre le virus de la grippe H1N1.

Les soins et biens médicaux sont pris en charge à 75 % par la Sécurité sociale, les assurances complémentaires prenant en charge 13,8 %. Le reste des dépenses est à la charge des ménages.

Les soins hospitaliers poursuivent leur croissance régulière avec + 3,8 %, même si cette augmentation est moins forte qu'au début des années 2000, remarque l'organisme.

Les Français restent par ailleurs de grands amateurs de médicaments, puisqu'ils en ont consommé pour 35,4 milliards d'euros en 2009, un chiffre en augmentation de 2,5 %.

http://www.securite-sociale.fr/chiffres/ccss/2009/ccss200906.pdf

jeudi 16 septembre 2010

Le plan stratégique de l'AP-HP dessine une nouvelle organisation des hôpitaux parisiens pour 2014

Le Monde, 16 septembre 2010

La réorganisation en douze groupes hospitaliers devrait engendrer 272 millions d'euros d'économies.

Lisibilité pour les usagers, adaptation aux besoins de soins... Telles sont les grandes lignes du « plan stratégique » de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris pour les années 2010 à 2014.

Après deux ans de préparation, de vives réactions des personnels et des médecins, le conseil de surveillance devait se prononcer, mercredi 15 septembre, sur ce plan qui intègre une contrainte budgétaire forte.

La réorganisation s'appuie sur la décision de 2009 de réunir les 37 hôpitaux en 12 groupes hospitaliers. En parallèle a été analysée l'évolution des besoins de la population (croissance des maladies chroniques, vieillissement), mais aussi de la médecine et de la démographie médicale. L'inquiétude est forte, par exemple, sur le futur manque d'anesthésistes. Ce qui explique en partie la volonté de regrouper les blocs opératoires.

Trois niveaux de prise en charge Pour permettre aux patients de mieux s'y retrouver, l'AP-HP veut réorganiser son offre de soins en trois niveaux, « de la proximité à la spécialisation ». Ce qui engendrera de nombreuses restructurations.

Dans chaque groupe, des activités de base devront être présentes : urgences, prise en charge de la précarité et des personnes âgées, réanimation, chirurgie générale, centre d'IVG... Au deuxième échelon se trouveront des activités intermédiaires, comme le cancer. Au troisième, d'autres dites hyperspécialisées (greffes...), à vocation régionale ou concernant des maladies rares.

Entre les hôpitaux Lariboisière et Saint-Louis par exemple, la tendance à la spécialisation va être accentuée : au premier, les activités d'urgence (AVC, orthopédie...), au deuxième, celles plus programmées comme la cancérologie. A Saint-Louis sera aussi regroupée la prise en charge des grands brûlés (adultes) pour l'AP-HP, qui ne sera plus assurée également à Cochin.

Alors que 21 hôpitaux prennent aujourd'hui en charge le cancer, leur activité sera regroupée en quelques « centres intégrés », qui interviendront du diagnostic à l'« après-cancer ». Seront aussi créés des « centres experts », très spécialisés.

Une séparation entre l'urgence et la programmation

Pour éviter que les arrivées aux urgences ne perturbent les opérations programmées ou posent des problèmes de disponibilité de lits, les deux types de prise en charge seront séparés. Dans chaque groupe sera créé un département d'aval des urgences, consacré à la prise en charge des hospitalisations non programmées.

Une réflexion par bassin de population

L'idée est de davantage tenir compte des spécificités territoriales. Un exemple est surtout parlant : l'accent qui sera mis sur l'obésité dans le groupe Avicenne-Jean Verdier-René Muret, aussi bien en termes d'accueil des patients que de recherche. En Seine-Saint-Denis, où se situe ce centre, la prévalence de l'obésité atteint 18 %, contre 14 % pour l'ensemble de la France.

Le financement en question Le projet médical semble désormais accepté, même s'il reste des points d'achoppement comme l'avenir des spécialités de pédiatrie de Trousseau. En revanche, les volets finance et emploi suscitent toujours la critique des syndicats et du Mouvement de défense de l'hôpital public, composé de médecins.

Répondant à l'obligation d'un retour à l'équilibre à partir de 2012, le plan prévoit 272 millions d'économies (sur 6,4 milliards de budget), dont plus de 200 millions concernent les dépenses en personnel. Si le nombre de suppressions de postes n'apparaît pas dans le document, 3 000 à 4 000 seraient en jeu (sur 90 000).

Le risque de dégradation de la qualité des soins et des conditions de travail est donc toujours pointé. Les sommes consacrées à l'investissement - soit 2,2 milliards d'euros d'ici à 2014 - sont, elles, jugées trop faibles, vu les besoins, même si l'AP-HP compte y ajouter 400 millions de cessions de son patrimoine.

Les représentants des médecins s'étaient déjà prononcés cet été en faveur du plan, et les syndicats contre. Un vote positif devrait avoir comme conséquence le départ du directeur général, Benoît Leclercq. Pour le remplacer, le nom de Mireille Faugère, ex-directrice des grandes lignes à la SNCF, est souvent évoqué.

Réduction du déficit de la Sécu : les malades appelés à contribuer

Le Monde, 16 septembre 2010

Alors que le débat sur les retraites bat son plein, le gouvernement s'apprête à solliciter les malades, pour limiter le déficit de l'assurance-maladie. Les mesures d'économies envisagées par le gouvernement pour l'assurance-maladie représentent un effort de 2,5 milliards d'euros, affirment Les Echos, jeudi 16 septembre.

Trois d'entre elles concernent directement les assurés, selon le quotidien économique : les taux de remboursement seront légèrement réduits pour certains médicaments — ceux qui sont pris en charge à 35 % — pour les consultations de médecin ou encore certains frais d'hospitalisation. Budgétairement, le plan affectera surtout les laboratoires pharmaceutiques.

Du côté des recettes, les entreprises devront cotiser 400 millions de plus au titre des accidents du travail.

Début juillet 2010, l'assurance-maladie avait suggéré plusieurs pistes pour économiser 2,2 milliards d'euros en 2011, comme la baisse des tarifs des analyses médicales, pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat souhaite que la progression des dépenses d'assurance-maladie ne dépasse pas 2,9 % en 2011, alors que leur rythme annuel s'est établi entre 3 et 4 % ces dernières années. En 2011, l'objectif est de rédduire le déficit de la Sécu à un peu plus de 23 milliards d'euros.

dimanche 12 septembre 2010

Deuxième année de baisse des déficits pour les hôpitaux

Le Figaro, 13 septembre 2010

Le «trou» a diminué de 74 millions d'euros en 2009 dans les établissements publics et privés non lucratifs.

Les hôpitaux poursuivent leur convalescence. Selon le ministère de la Santé, leur déficit global a atteint 497 millions d'euros l'an dernier, sur 64 milliards de recettes.

Une amélioration de 13% par rapport à 2008 (571 millions de déficit), qui marquait déjà un progrès par rapport au «pic» de 2007 (686 millions), inversant la tendance après plusieurs années de dégradation.

Plus des deux tiers des établissements ont été à l'équilibre ou excédentaires en 2009 (69%, contre 64% un an auparavant).

Les déficits sont en fait de plus en plus concentrés sur un petit nombre d'hôpitaux, singulièrement les CHU, dont la situation d'ensemble, même dans le rouge, s'améliore.

Sept des 31 centres hospitalo-universitaires n'affichent pas de «trou» (Angers, Orléans, Nîmes, Limoges, Poitiers, Toulouse, Tours), contre 3 seulement en 2008.

Seul hic: l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont le résultat plonge de - 21 à - 94 millions d'euros, efface à elle seule ce redressement.

Le ministère juge encourageant que ces améliorations découlent moins d'une envolée des recettes (+3%, dont l'essentiel provient de l'Assurance-maladie) que d'une «maîtrise des charges» (+2,85%).

De loin, le principal poste de dépenses, la masse salariale, n'a progressé que de 1,89%. Ce qui semble cohérent avec l'estimation annoncée il y a plusieurs mois par la Fédération hospitalière de France, selon laquelle les effectifs ont reculé l'an dernier de 1800 agents, sur plus d'un million. Le ministère ne confirme toutefois pas cette baisse, qui traduirait un vrai retournement.

Paris, Marseille et Lyon

Le chiffre de 497 millions d'euros pour 2009, conforme au déficit prévisionnel (ce qui est en soi une bonne nouvelle!), est quasi définitif: il concerne 85% des établissements publics et privés non lucratifs, représentant 94% de la masse financière du secteur.

Il porte sur les «budgets principaux», généralement pris pour référence, et qui correspondent à l'activité de soin des hôpitaux.

Les budgets totaux, qui incluent aussi les activités «annexes» comme les écoles de formation des infirmières ou le «long séjour», affichent eux aussi un déficit en recul, à 302 millions d'euros contre 392 millions en 2008.

Pour le ministère de la Santé, l'objectif de comptes équilibrés en 2012 pour l'ensemble du système hospitalier est ainsi en bonne voie… si l'on exclut du périmètre l'AP-HP, l'AP-HM (Marseille) et les HCL (Lyon) -autrement dit, les trois plus gros établissements de France, dont le redressement sera plus lent.

Sans remettre en cause la tendance à l'amélioration, la Cour des comptes a estimé la semaine dernière que les déficits étaient minorés de 25% par des pratiques comptables contestables, notamment sur les amortissements et les provisions.

L'entourage de Roselyne Bachelot le réfute et parle de «sensationnalisme». Il admet en revanche que «les efforts entamés doivent se poursuivre» pour mieux récupérer les sommes dues aux hôpitaux par les caisses de Sécu, les patients ou leur complémentaire.

La Cour, citant la direction générale de l'organisation des soins, relève que «les pertes de recettes liées aux insuffisances de la chaîne de facturation seraient comprises entre 5% et 15% du budget des hôpitaux»!

mercredi 8 septembre 2010

Les études de médecine en pleine mutation

Le Figaro, 8 septembre 2010

La réforme est censée lutter contre le «gâchis humain». Mais certains préconisent une sélection avant l'inscription.

Cette rentrée scolaire voit la mise en place de la réforme des études de médecine à l'université. La nouveauté consiste en l'instauration d'une première année commune aux formations de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien.

«Comme il y avait à présent deux concours pour la médecine et dentaire, bien souvent, les étudiants qui optaient pour dentaire étaient ceux qui n'avaient pas pu être en rang utile pour médecine», explique avec diplomatie le Pr Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes, la plus grosse fac de médecine en France.

Il déplore une «sélection par l'échec» et regrette que certains étudiants aient dû notamment opter pour la profession de sage-femme par défaut au lieu de faire ce métier par choix. La France compte près de 40.000 étudiants en médecine en première année.

En juin 2010, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, avait déclaré: «Le premier objectif de la réforme est de lutter contre le gâchis humain que représente pour une majorité d'étudiants la première année d'études de santé (PAES).» Dont acte.

Pour le premier semestre, huit unités d'enseignement sont proposées dans les disciplines fondamentales (physique, chimie et biologie). Chacune de ces unités comprend 80 heures d'enseignement au terme desquelles aura lieu le concours (première quinzaine de janvier).

Après obtention des résultats quinze jours plus tard, les étudiants devront s'inscrire dans une à quatre unités d'enseignements spécifiques, selon la (ou les) filière choisie: maïeutique, et/ou médecine-kinésithérapie, et/ou odontologie, et/ou pharmacie. Cette inscription constitue un choix qui ne pourra plus être modifié.

Le problème c'est que cette année, en raison justement de cette réforme, on note une augmentation du nombre d'inscrits en première année selon l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Elle serait de l'ordre de 5% (plus de 10% à Paris Descartes).

«Du coup, les universités ont prévu des cours retransmis par vidéo, explique la présidente de l'ANEMF, Ingrid Bastide. Et certaines devront même délocaliser leurs cours, comme c'est le cas à Strasbourg.»

La réforme va donc entraîner des casse-tête logistiques. Ainsi, plus de 11 amphithéâtres sont prévus et on estime à 33 le nombre d'étudiants par TD à Paris-Descartes.

Son doyen, Patrick Berche, plaide du coup pour une sélection avant la première année, à l'image de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

«Prendre en considération les résultats obtenus au lycée, la mention au bac et réaliser un entretien de l'étudiant permettrait de recruter moins de candidats, relève-t-il. Au lieu des 3.500 élèves que nous avons chaque année -alors que le numerus clausus est à 40-, nous devrions en prendre 1.200.» Ne serait-ce pas la solution pour lutter contre le «gâchis humain»?

«Je dis souvent qu'on a plus de chances d'être médecin en allant faire ses études à Amiens. Là-bas, on est pris en dessous de la moyenne alors qu'à Descartes on est recalé avec 12,8», argumente encore le doyen. Sans oublier ceux qui partent à l'étranger décrocher leur diplôme.

De son côté, Axel Kahn regrette que cette réforme soit «moins radicale» qu'il aurait souhaité. À savoir une licence commune aux futurs médecins, kinés, podologues ou encore professeurs de biologie.

«Je voulais une licence globale avec trois ans de tronc commun pour acquérir une base non seulement en sciences mais aussi en humanités», confie le généticien.

Le nombre de médecins installés recule en France

Le Figaro, 8 septembre 2010

Moins de 200 000 praticiens sont désormais en «activité régulière», selon l'Atlas annuel du Conseil de l'ordre.

D'année en année, la perspective se confirme : accéder à un médecin va devenir de plus en plus difficile.

La densité médicale commence à baisser, constatait pour la première fois le Conseil national de l'ordre il y a un an.

La tendance se poursuit (290,3 praticiens pour 100 000 habitants le 1er janvier dernier, contre 300,2 début 2008).

Mais désormais, le nombre de médecins «en activité régulière» recule aussi en valeur absolue : ils étaient 199 736 en début d'année, soit un repli de 2 %.

Une première que la hausse de 5,5 % du nombre de remplaçants, à 9 999 médecins, ne compense qu'en petite partie. D'autant plus - même si aucun chiffre n'est disponible - que le temps de travail de ces derniers est sans doute inférieur.

Phénomène nouveau : certains médecins autrefois installés ferment leur cabinet et deviennent remplaçants, visiblement pour échapper aux semaines à rallonge.

• Des inégalités régionales persistantes.

Si la région Paca compte 375 médecins en activité régulière pour 100 000 habitants, et l'Ile-de-France 373, le taux est inférieur à 240 en Picardie. Le Centre, les deux Normandies, la Champagne-Ardenne, les Pays de la Loire, et la Bourgogne sont aussi mal loties.

«L'impact des mesures incitatives» pour attirer les médecins dans ces régions «est non probant», tranche l'Ordre. Et c'est aussi dans les régions où la densité est la plus faible que les médecins sont les plus âgés. La Meurthe-et-Moselle a ainsi perdu 427 médecins en un an.

• Une pyramide des âges inquiétante.

Le nombre de médecins retraités a augmenté de 5,2 % en un an. La moyenne d'âge de ceux qui travaillent est de 51 ans et les effectifs de médecins de plus de 50 ans ont augmenté de… 53 % entre 2008 et 2009 !

Si les jeunes s'entassent encore dans les amphis en première année de médecine, dix ans plus tard «ils cherchent à faire autre chose que la médecine classique», regrette le président de l'Ordre, Michel Legmann selon qui gardes, charges et paperasse détournent les «carabins» de la médecine générale, notamment. Ils préfèrent des spécialités plus «tranquilles» comme l'homéopathie.

Les deux tiers des nouveaux inscrits à l'Ordre sont salariés (hôpital, établissements mutualistes, médecine du travail…), ce qui exclut l'activité de généraliste.

Cela n'est sans doute pas sans lien avec leur féminisation (52 % des effectifs), car le travail à temps partiel y est plus fréquent - même si, là encore, les données exactes manquent. Quelques-uns, enfin, s'exilent au Canada ou en Grande-Bretagne.

Combinés au nombre croissant de généralistes, ces éléments montrent que la baisse des effectifs n'est que la partie émergée de l'iceberg : les jeunes médecins travaillent moins que leurs aînés et ne choisissent pas les spécialités où les besoins sont les plus élevés.

• Davantage de Belges que de Roumains.

Face à la pénurie, hôpitaux, cabinets de ville et mairies «chassent» des médecins étrangers.

Le cas des Roumains a souvent été médiatisé mais ils ne représentent que 12 % des 9 112 médecins étrangers en activité, derrière les Belges (16,4 %).

Suivent les Allemands (10,9 %), les Algériens (10,3 %) les Italiens, les Marocains, les Tunisiens et les Espagnols - toutefois les praticiens non européens des hôpitaux publics ne sont pas inscrits à l'Ordre et n'apparaissent donc pas dans ces chiffres.

Autre idée reçue : ces médecins étrangers ne s'installent pas plus à la campagne que leurs confrères français. Pas de quoi combler les inégalités…

Enfin, à propos des médecins roumains et bulgares, le Dr Legmann s'inquiète d'un «problème de niveau» et déplore que les règles européennes de reconnaissance des diplômes «ne parlent que de la durée des études, pas du contenu. On a eu des déboires».

dimanche 5 septembre 2010

Hôpitaux franciliens: une réduction drastique des services de nuit à l'étude

Libération, 5 septembre 2010

Un document de travail de l'Agence régionale de Santé, révélé par Le Parisien, recommande de diminuer le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France à un seul par département, contre six à 11 actuellement.

Le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France devrait être réduit à un seul par département, contre six à 11 actuellement. C'est ce que recommande un document de travail de l'Agence régionale de Santé (ARS), dévoilé ce dimanche par le Parisien, qui invoque le fait qu’ils «tournent au ralenti».

«Trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit», affirme ce document intitulé «Permanence des soins hospitaliers, organisation et financement» et présenté lors d'une réunion à l'ARS en juillet dernier. Le terme «nuit» englobe la période de 18h30 à 8 heures du matin.

«Un seul bloc devrait être ouvert pendant 24 heures dans chaque département», suggère le rapport. Toutefois, le président de l'ARS d'Ile-de-France assure qu'il ne s'agit que d'un «document de travail». «Ce document de travail vise juste à lancer la réflexion», a-t-il relativisé, interrogé par le Parisien.

Selon le rapport, «cette rationalisation doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (...) et rendre le dispositif plus efficient». Un projet analogue serait à l'étude pour la province, selon le Parisien.

«On met dans le même panier la période 18heures-minuit, pendant laquelle la vie continue et où les patients arrivent en masse à l’hôpital, et la période après minuit où l’activité est quasi nulle», a déploré François Aubard, président de la Coordination médicale hospitalière, interrogé par le quotidien.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait fixé comme premier objectif aux ARS d'améliorer la permanence des soins «dès les prochains mois», lors du lancement en avril de ces entités chapeautant des secteurs jusqu'ici cloisonnés comme l'hôpital, la médecine de ville et le médico-social (personnes âgées, handicapées).