#bigphrmas #labos
Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, le 13 septembre 2011
- Le projet de loi sur le médicament constitue "une réforme en profondeur", qui répond à "un seul et unique objectif : protéger le patient".
- "La réforme a une ambition importante : redonner confiance aux Français dans notre système du médicament.".
- "Il ne s'agit pas d'une loi comme les autres, elle fait suite au scandale du Mediator. Elle concerne potentiellement chacun de nos concitoyens.".
- "Nous avons voulu une réforme en profondeur, qui ait du sens, dans un seul et unique objectif : protéger le patient.", a-t-il ajouté.
- Cette réforme, "qui refonde le système de sécurité sanitaire des produits de santé", "est un tout".
- "Il y a la loi, il y a les décrets, il y a le fonctionnement de l'Afssaps et il y a aussi la dimension européenne".
- "J'aurai à coeur de prendre des amendements".
- Il a également exprimé le souhait que soit décidée, "dès maintenant, une évaluation complète de cette loi et de son application", dans deux ou trois ans.
- Le ministre a par ailleurs affirmé travailler à "une nouvelle loi sur les droits des patients", en relais de la loi Kouchner de 2002.
Références
- Un nouveau projet de loi sur le médicament, Le Point, 13 septembre 2011
jeudi 15 septembre 2011
Les répliques sans fin de l'affaire du #Mediator...
L’affaire du Mediator n’en finit plus de créer des répliques. Elle jette une lumière crue sur les relations incestueuses entre l'industrie pharmaceutique, les agences de régulation et les élites hospitalo-universitaire françaises.
L’affaire Griscelli est la dernière en date de ces répliques. Elle a créé une émotion considérable dans la communauté médicale française.
HAS et conflits d'intérêts
Jean-Luc HAROUSSEAU, le président de la HAS, lors de sa prise de fonction le 31 janvier 2011, a rendu une déclaration d’intérêt vierge. Le 21 février 2011, la veille de la publication d’un article du Canard et d'un reportage de France Culture, Jean-Luc Harousseau publiait en annexes adressées aux présidents des Commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée nationale, la liste de ses liens d’intérêts personnels et institutionnels des trois dernières années avec l’industrie et leurs montants : en tout plus de 10 millions d’euros de rémunération ! (Source FORMINDEP).
Développements
Pour mémoire, Le Figaro publie le 13 septembre 2011 des écoutes téléphoniques entre Claude Griscelli et Jean-Philippe Seta, directeur opérationnel de Servier. Les deux hommes sont manifestement trés proches et se tutoient. Ils discutent du rapport du Sénat sur l’affaire du Mediator.
Claude Griscelli dit: «Je me suis fichu des choses nulles, mais bien sûr j’ai regardé des phrases clés qui concernaient la responsabilité de Servier… Et donc j’ai fait changer pas mal de choses». Seta réagit: «Décidément, je n’ai même pas besoin de te donner des conseils, tu anticipes, c’est parfait».
Selon des écoutes téléphoniques, l'intervention de M.Griscelli aurait eu pour effet de minimiser les responsabilités du laboratoire dans le document final.
Le sénateur et président de la mission d'information sur le Mediator, François Autain (divers gauche), a demandé jeudi 15 septembre 2011 au président du Sénat, Gérard Larcher, de saisir le comité de déontologie parlementaire après avoir appris que Marie-Thérèse Hermange, rapporteur (UMP) de la mission, a consulté Claude Griscelli, professeur de médecine et ami du directeur exécutif de Servier, au moment de la rédaction de son rapport sur le système du médicament.
Même si les modifications "revêtent, par rapport à l'ensemble du contenu du texte, une importance marginale", précise M. Autain, cette affaire "jette le discrédit non seulement sur un travail que certains considéraient jusque-là comme exemplaire, mais aussi sur notre institution".
Liens
- L’étonnante conception de la HAS et de l’Afssaps, formindep
- Douste-Blazy, Bapt, Harousseau : Touchez pas au grisbi des médecins politiques!, par Pharmaleaks, agoravox.fr, 24 juin 2011
- J-L Harousseau : " Nous devons montrer l’exemple", lepharamacien.fr, juin 2011
Références
- Le président de la mission d'information sur le Mediator interpelle le président du Sénat, Le Monde, 17 septembre 2011
- Scandale Mediator - Claude Griscelli : "Je n'ai eu aucun rôle dans ce rapport", Le Point, 14 septembre 2011
- Mediator : le professeur Griscelli se défend d’avoir fait modifier le rapport sénatorial, France-Info, 14 septembre 2011
- Mediator: la chute d'un grand pédiatre, La plume et le bistouri, 14 septembre 2011
- Mediator : comment Servier a corrigé le rapport du Sénat, Le Figaro, 14 septembre 2009
- Mediator : des auditions accablent le laboratoire Servier, Le Figaro, 5 septembre 2011
- Mediator : ce que Jacques Servier a déclaré aux parlementaires, Le Figaro, 3 mars 2011
- Deux missions parlementaires sur le Mediator, Le Figaro, 15 février 2011
L’affaire Griscelli est la dernière en date de ces répliques. Elle a créé une émotion considérable dans la communauté médicale française.
HAS et conflits d'intérêts
Jean-Luc HAROUSSEAU, le président de la HAS, lors de sa prise de fonction le 31 janvier 2011, a rendu une déclaration d’intérêt vierge. Le 21 février 2011, la veille de la publication d’un article du Canard et d'un reportage de France Culture, Jean-Luc Harousseau publiait en annexes adressées aux présidents des Commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée nationale, la liste de ses liens d’intérêts personnels et institutionnels des trois dernières années avec l’industrie et leurs montants : en tout plus de 10 millions d’euros de rémunération ! (Source FORMINDEP).
Développements
Pour mémoire, Le Figaro publie le 13 septembre 2011 des écoutes téléphoniques entre Claude Griscelli et Jean-Philippe Seta, directeur opérationnel de Servier. Les deux hommes sont manifestement trés proches et se tutoient. Ils discutent du rapport du Sénat sur l’affaire du Mediator.
Claude Griscelli dit: «Je me suis fichu des choses nulles, mais bien sûr j’ai regardé des phrases clés qui concernaient la responsabilité de Servier… Et donc j’ai fait changer pas mal de choses». Seta réagit: «Décidément, je n’ai même pas besoin de te donner des conseils, tu anticipes, c’est parfait».
Selon des écoutes téléphoniques, l'intervention de M.Griscelli aurait eu pour effet de minimiser les responsabilités du laboratoire dans le document final.
Le sénateur et président de la mission d'information sur le Mediator, François Autain (divers gauche), a demandé jeudi 15 septembre 2011 au président du Sénat, Gérard Larcher, de saisir le comité de déontologie parlementaire après avoir appris que Marie-Thérèse Hermange, rapporteur (UMP) de la mission, a consulté Claude Griscelli, professeur de médecine et ami du directeur exécutif de Servier, au moment de la rédaction de son rapport sur le système du médicament.
Même si les modifications "revêtent, par rapport à l'ensemble du contenu du texte, une importance marginale", précise M. Autain, cette affaire "jette le discrédit non seulement sur un travail que certains considéraient jusque-là comme exemplaire, mais aussi sur notre institution".
Liens
- L’étonnante conception de la HAS et de l’Afssaps, formindep
- Douste-Blazy, Bapt, Harousseau : Touchez pas au grisbi des médecins politiques!, par Pharmaleaks, agoravox.fr, 24 juin 2011
- J-L Harousseau : " Nous devons montrer l’exemple", lepharamacien.fr, juin 2011
Références
- Le président de la mission d'information sur le Mediator interpelle le président du Sénat, Le Monde, 17 septembre 2011
- Scandale Mediator - Claude Griscelli : "Je n'ai eu aucun rôle dans ce rapport", Le Point, 14 septembre 2011
- Mediator : le professeur Griscelli se défend d’avoir fait modifier le rapport sénatorial, France-Info, 14 septembre 2011
- Mediator: la chute d'un grand pédiatre, La plume et le bistouri, 14 septembre 2011
- Mediator : comment Servier a corrigé le rapport du Sénat, Le Figaro, 14 septembre 2009
- Mediator : des auditions accablent le laboratoire Servier, Le Figaro, 5 septembre 2011
- Mediator : ce que Jacques Servier a déclaré aux parlementaires, Le Figaro, 3 mars 2011
- Deux missions parlementaires sur le Mediator, Le Figaro, 15 février 2011
mercredi 14 septembre 2011
Les Français dépensent 2700 euros par an en soins
Le Figaro, 14 septembre 2011
Les ménages en paient directement 9,4%, ce qui reste peu comparé à nos voisins.
En cinq ans, 25 milliards de plus ! La «consommation de soins et biens médicaux» a atteint 175 milliards d'euros l'an dernier, selon la Commission des comptes de la santé.
Ce montant regroupe soins hospitaliers (une petite moitié du total), soins de ville (un quart - 25%), médicaments (un cinquième - 20%), prothèses, seringues et autres pansements, et transports de malades. La dépense atteint ainsi 2698 euros par habitant.
Si l'on y ajoute prise en charge des personnes dépendantes, arrêts maladie ou maternité, prévention, recherche, formation des professionnels de santé et coûts de gestion, l'enveloppe atteint 234,1 milliards, soit 3609 euros par habitant.
La part financée par la «Sécu» reste stable.
Les ménages en paient directement 9,4%, ce qui reste peu comparé à nos voisins.
En cinq ans, 25 milliards de plus ! La «consommation de soins et biens médicaux» a atteint 175 milliards d'euros l'an dernier, selon la Commission des comptes de la santé.
Ce montant regroupe soins hospitaliers (une petite moitié du total), soins de ville (un quart - 25%), médicaments (un cinquième - 20%), prothèses, seringues et autres pansements, et transports de malades. La dépense atteint ainsi 2698 euros par habitant.
Si l'on y ajoute prise en charge des personnes dépendantes, arrêts maladie ou maternité, prévention, recherche, formation des professionnels de santé et coûts de gestion, l'enveloppe atteint 234,1 milliards, soit 3609 euros par habitant.
La part financée par la «Sécu» reste stable.
vendredi 9 septembre 2011
Déficit historique pour la Sécurité sociale
Le Point.fr - 08/09/2011
La Cour des Comptes s'alarme, dans un rapport publié jeudi, du déficit historique atteint en 2010 par les comptes sociaux (Sécu et Fonds de solidarité vieillesse / FSV) à près de 30 milliards d'euros, un niveau record pas seulement dû à la crise.
"Jamais le déficit de la Sécurité sociale n'a atteint un niveau aussi élevé qu'en 2010. A 29,8 milliards le déficit cumulé des régimes de base et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) a un caractère historique. Il a plus que triplé en deux ans", souligne le rapport annuel de la Cour sur la Sécurité sociale.
"Le niveau exceptionnellement élevé des déficits ne s'explique que partiellement par la crise économique. Moins de la moitié de celui du régime général provient de la faiblesse de la conjoncture", selon la Cour qui précise que sur le 1,2 point de Produit Intérieur Brut (PIB) qu'a représenté en 2010 le déficit du régime général, les "facteurs structurels" ont compté pour 0,7 point.
Selon la Cour, les déficits se sont aggravés en 2010 dans toutes les branches de la Sécu (maladie, famille, retraites, accidents du travail/maladies professionnelles).
"Anomalie" de la dette sociale (Cour des Comptes)
De son côté le FSV (fonds de solidarité vieillesse), qui verse le minimum vieillesse pour les personnes âgées ne touchant pas de retraites, est "chroniquement sous-financé".
De plus, pour la branche vieillesse, les magistrats de la rue Cambon tirent la sonnette d'alarme à propos du régime des exploitants agricoles dont le déficit, qui a dû être financé par recours à un emprunt bancaire, "est également très préoccupant".
L'accumulation des déficits, d'année en année, fait gonfler la dette sociale qui a atteint un total de 136,2 milliards fin 2010.
Cette dette sociale "représente en elle-même une anomalie", estime la Cour qui constate que "aucun de nos grands voisins européens n'accepte de déséquilibres durables de sa protection sociale".
La Cour des Comptes s'alarme, dans un rapport publié jeudi, du déficit historique atteint en 2010 par les comptes sociaux (Sécu et Fonds de solidarité vieillesse / FSV) à près de 30 milliards d'euros, un niveau record pas seulement dû à la crise.
"Jamais le déficit de la Sécurité sociale n'a atteint un niveau aussi élevé qu'en 2010. A 29,8 milliards le déficit cumulé des régimes de base et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) a un caractère historique. Il a plus que triplé en deux ans", souligne le rapport annuel de la Cour sur la Sécurité sociale.
"Le niveau exceptionnellement élevé des déficits ne s'explique que partiellement par la crise économique. Moins de la moitié de celui du régime général provient de la faiblesse de la conjoncture", selon la Cour qui précise que sur le 1,2 point de Produit Intérieur Brut (PIB) qu'a représenté en 2010 le déficit du régime général, les "facteurs structurels" ont compté pour 0,7 point.
Selon la Cour, les déficits se sont aggravés en 2010 dans toutes les branches de la Sécu (maladie, famille, retraites, accidents du travail/maladies professionnelles).
"Anomalie" de la dette sociale (Cour des Comptes)
De son côté le FSV (fonds de solidarité vieillesse), qui verse le minimum vieillesse pour les personnes âgées ne touchant pas de retraites, est "chroniquement sous-financé".
De plus, pour la branche vieillesse, les magistrats de la rue Cambon tirent la sonnette d'alarme à propos du régime des exploitants agricoles dont le déficit, qui a dû être financé par recours à un emprunt bancaire, "est également très préoccupant".
L'accumulation des déficits, d'année en année, fait gonfler la dette sociale qui a atteint un total de 136,2 milliards fin 2010.
Cette dette sociale "représente en elle-même une anomalie", estime la Cour qui constate que "aucun de nos grands voisins européens n'accepte de déséquilibres durables de sa protection sociale".
La Sécu «droguée» à la dette, selon la Cour des comptes
La Sécu «droguée» à la dette, s'alarme Migaud, Le Figaro, 9 septembre 2011
Le rapport annuel de la Cour des comptes insiste une nouvelle fois sur la nécessité de faire des économies.
La crise, certes, mais pas seulement. La Sécu a enregistré l'an dernier un déficit historique frôlant 30 milliards d'euros (y compris le Fonds de solidarité vieillesse), a rappelé jeudi la Cour des comptes. La crise l'a privée d'une partie de ses recettes mais «n'explique qu'un peu moins de la moitié du déficit global», estime Didier Migaud. «Notre Sécurité sociale est en déficit à peu près chaque année depuis trente ans», souligne le premier président de la Cour. De quoi «entretenir une spirale de la dette, particulièrement dangereuse pour la légitimité et la pérennité même de notre protection sociale».
La dette sociale atteignait 136 milliards fin 2010. Un «poison», une «drogue» qui retarde les réformes nécessaires, prévient Didier Migaud. Pour apurer la situation, la Cour des comptes préconise que l'on transfère chaque année le déficit constaté à la Caisse d'amortissement de la dette sociale. Pour que ne soit pas prolongée la durée de vie de la Cades (censée disparaître en 2025), chaque transfert devra s'accompagner d'une hausse de sa principale ressource, la CRDS. Ce que le gouvernement a toujours refusé jusqu'ici. Au-delà de cette piste, qui éviterait de reporter sans cesse davantage le poids de nos dépenses sociales sur nos enfants, la Sécu doit se «désintoxiquer» de la dette en agissant sur ses dépenses, prône la Cour.
• Hôpitaux
Pour un acte identique, les hôpitaux publics reçoivent plus de la Sécu que les cliniques privées. Ces tarifs doivent être alignés en 2018. La Cour recommande une préparation plus méthodique à cette échéance inscrite dans la loi -mais déjà reportée une fois- car elle représente 7 milliards d'économies par an à trouver côté public. Les hôpitaux, CHU en tête, justifient ces tarifs plus élevés par des missions spécifiques (urgences, enseignement, recherche…). Mais ils reçoivent aussi des enveloppes forfaitaires pour assurer ces missions, dont les montants ne sont pas justifiés par une analyse précise des coûts. Les actes pratiqués uniquement dans les CHU représentent 5,5% seulement de leur activité de médecine, chirurgie et obstétrique! De l'eau au moulin de la fédération des cliniques (FHP-MCO), qui vient de porter plainte sur ce thème contre la France à Bruxelles, pour distorsion de concurrence.
• Complémentaires santé
Les employeurs ne paient pas de charges sociales lorsqu'ils cofinancent une complémentaire santé à leurs salariés. Une niche de 3,2 milliards qui bénéficie surtout aux salariés des grandes entreprises, dont la paie est plus élevée que celle des employés de PME. Qui plus est, les contrats collectifs souscrits par le biais de l'employeur couvrent mieux que les contrats individuels. La Cour s'interroge donc sur la nécessité de réorienter cette aide. Elle relève aussi que la CMU rembourse mieux les soins que les contrats souscrits par les bénéficiaires -un peu «moins pauvres»- de l'aide à la complémentaire santé (ACS), qui eux-mêmes offrent plus de garanties que les contrats moyens. Elle réclame des études sur ces effets de seuil et sur l'éventuelle surconsommation de soins des bénéficiaires de la CMU et de l'ACS.
• Productivité des caisses
Les frais de gestion représentent 3% des dépenses de la Sécu. C'est peu en proportion, beaucoup en valeur absolue: 10 milliards. Didier Migaud estime qu'un milliard peut être économisé en quelques années. Les réductions d'effectifs (en 5 ans, 6.500 postes) doivent être poursuivies avec plus de mutualisation des moyens et de souplesse. Bien que de droit privé, le statut des agents des caisses est plus rigide que celui des fonctionnaires: aucune mobilité géographique ou fonctionnelle ne peut leur être imposée. Résultat, quand ici une caisse a trop d'informaticiens, ailleurs une autre en embauche en CDD. La Cour des comptes appelle à changer ces règles à la prochaine révision de ce statut, en 2013.
jeudi 8 septembre 2011
Des mesures anti-déficits pour la Sécurité sociale
Le Figaro, 8 septembre 2011
Pour le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, le retour de la croissance ne permettra pas de retrouver l'équilibre à court terme des comptes de la Sécu. La Cour cible les niches sociales dont le coût pour les finances publiques atteint selon elle 70 milliards.
La Cour des comptes a prôné ce mercredi des mesures pour redresser les comptes de la Sécurité sociale, en soulignant que le retour de la croissance ne permettrait pas de retrouver l'équilibre à court terme.
Son rapport annuel sur la Sécurité sociale, publié mercredi, attire aussi l'attention sur les dépenses hospitalières, qualifiant de trop lents les efforts de redressement des établissements en difficulté.
Alors que le déficit de la Sécurité sociale doit atteindre en 2010 un niveau record - évalué à 27 milliards d'euros pour le régime général (salariés du privé) -, «le retour indispensable à l'équilibre des comptes exige des réformes à effet rapide mais aussi structurelles», estime la Cour.
Niches sociales
Il passe d'abord par une progression des ressources, pour laquelle «priorité doit être donnée à la remise en cause des niches sociales». Les niches sociales désignent l'ensemble des exonérations, des réductions ou autres abattements qui s'appliquent aux cotisations et contributions sociales. Elles créent un manque à gagner pour la Sécurité sociale et pour l'Etat (qui compense en grande partie les pertes de la Sécurité sociale).
Pour la Cour des comptes, l'impact des ces dispositifs se situe entre 67 et 73 milliards d'euros pour les finances publiques, en additionnant les exonérations de cotisations et leur compensation. Soit bien plus que l'impact d'environ 40 milliards évoqué dans les rapports officiels.
Même si elle salue les efforts de réduction de ces niches ces dernières années, en tenant compte des mesures annoncées dans la réforme des retraites, la Cour exhorte le gouvernement à les «prolonger avec plus de vigueur».
Dépenses
Côte dépenses, les pistes d'économie suggérées concernent d'abord les hôpitaux. La Cour estime que les établissements doivent «accroître la productivité et adopter des mesures d'organisation et de restructuration». «Les efforts de redressement paraissent lents», juge-t-elle.
La Cour des comptes se préoccupe aussi de l'accès aux soins, jugé insuffisant dans les domaines de l'imagerie médicale (scanners, IRM) et des soins dentaires. Elle relève notamment les difficultés croissantes rencontrées par les patients face aux dépassements d'honoraires non régulés des dentistes.
Invalidité
Le rapport annuel s'est également penché sur les mécanismes de prise en charge de l'invalidité, de l'inaptitude au travail et du handicap. Conclusion: le système, alors qu'il s'adresse à des personnes fragilisées, est «illisible».
La Cour des comptes constate notamment la multiplicité des guichets, qui n'ont pas les mêmes méthodes pour évaluer l'incapacité.
Pour le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, le retour de la croissance ne permettra pas de retrouver l'équilibre à court terme des comptes de la Sécu. La Cour cible les niches sociales dont le coût pour les finances publiques atteint selon elle 70 milliards.
La Cour des comptes a prôné ce mercredi des mesures pour redresser les comptes de la Sécurité sociale, en soulignant que le retour de la croissance ne permettrait pas de retrouver l'équilibre à court terme.
Son rapport annuel sur la Sécurité sociale, publié mercredi, attire aussi l'attention sur les dépenses hospitalières, qualifiant de trop lents les efforts de redressement des établissements en difficulté.
Alors que le déficit de la Sécurité sociale doit atteindre en 2010 un niveau record - évalué à 27 milliards d'euros pour le régime général (salariés du privé) -, «le retour indispensable à l'équilibre des comptes exige des réformes à effet rapide mais aussi structurelles», estime la Cour.
Niches sociales
Il passe d'abord par une progression des ressources, pour laquelle «priorité doit être donnée à la remise en cause des niches sociales». Les niches sociales désignent l'ensemble des exonérations, des réductions ou autres abattements qui s'appliquent aux cotisations et contributions sociales. Elles créent un manque à gagner pour la Sécurité sociale et pour l'Etat (qui compense en grande partie les pertes de la Sécurité sociale).
Pour la Cour des comptes, l'impact des ces dispositifs se situe entre 67 et 73 milliards d'euros pour les finances publiques, en additionnant les exonérations de cotisations et leur compensation. Soit bien plus que l'impact d'environ 40 milliards évoqué dans les rapports officiels.
Même si elle salue les efforts de réduction de ces niches ces dernières années, en tenant compte des mesures annoncées dans la réforme des retraites, la Cour exhorte le gouvernement à les «prolonger avec plus de vigueur».
Dépenses
Côte dépenses, les pistes d'économie suggérées concernent d'abord les hôpitaux. La Cour estime que les établissements doivent «accroître la productivité et adopter des mesures d'organisation et de restructuration». «Les efforts de redressement paraissent lents», juge-t-elle.
La Cour des comptes se préoccupe aussi de l'accès aux soins, jugé insuffisant dans les domaines de l'imagerie médicale (scanners, IRM) et des soins dentaires. Elle relève notamment les difficultés croissantes rencontrées par les patients face aux dépassements d'honoraires non régulés des dentistes.
Invalidité
Le rapport annuel s'est également penché sur les mécanismes de prise en charge de l'invalidité, de l'inaptitude au travail et du handicap. Conclusion: le système, alors qu'il s'adresse à des personnes fragilisées, est «illisible».
La Cour des comptes constate notamment la multiplicité des guichets, qui n'ont pas les mêmes méthodes pour évaluer l'incapacité.
mardi 5 juillet 2011
Les pistes pour réduire les dépenses de santé
Le Figaro, 5 juillet 2010
La Caisse nationale de l'Assurance-maladie (CNAM) va faire 21 propositions au gouvernement pour réaliser les 2,2 milliards d'euros en 2011.
L'Assurance-maladie fera 21 propositions jeudi au gouvernement pour «accroître la qualité des soins et l'efficience des dépenses de santé». Objectif ? Réaliser les 2,2 milliards d'économies en 2011 préconisées par Nicolas Sarkozy.
Au menu : «développer l'information de l'assuré et la prévention, faire évoluer la prise en charge des maladies chroniques» comme les pathologies cardiovasculaires ou mettre en œuvre «des modes de prise en charge plus souples» comme d'effectuer à domicile les séances de chimiothérapie.
La Cnam proposera aussi de «développer les référentiels, notamment dans les domaines de la rééducation et des arrêts de travail» pour réduire les écarts en matière de prescriptions médicamenteuses.
Enfin, l'Assurance-maladie préconisera également pour optimiser les dépenses, de «restructurer la tarification de la biologie», d'homogénéiser «les tarifs des médicaments dont l'efficacité thérapeutique est équivalente» ou de «plafonner les dépassements sur les actes d'orthodontie».
La Caisse nationale de l'Assurance-maladie (CNAM) va faire 21 propositions au gouvernement pour réaliser les 2,2 milliards d'euros en 2011.
L'Assurance-maladie fera 21 propositions jeudi au gouvernement pour «accroître la qualité des soins et l'efficience des dépenses de santé». Objectif ? Réaliser les 2,2 milliards d'économies en 2011 préconisées par Nicolas Sarkozy.
Au menu : «développer l'information de l'assuré et la prévention, faire évoluer la prise en charge des maladies chroniques» comme les pathologies cardiovasculaires ou mettre en œuvre «des modes de prise en charge plus souples» comme d'effectuer à domicile les séances de chimiothérapie.
La Cnam proposera aussi de «développer les référentiels, notamment dans les domaines de la rééducation et des arrêts de travail» pour réduire les écarts en matière de prescriptions médicamenteuses.
Enfin, l'Assurance-maladie préconisera également pour optimiser les dépenses, de «restructurer la tarification de la biologie», d'homogénéiser «les tarifs des médicaments dont l'efficacité thérapeutique est équivalente» ou de «plafonner les dépassements sur les actes d'orthodontie».
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