Le Monde, 16 septembre 2010
Alors que le débat sur les retraites bat son plein, le gouvernement s'apprête à solliciter les malades, pour limiter le déficit de l'assurance-maladie. Les mesures d'économies envisagées par le gouvernement pour l'assurance-maladie représentent un effort de 2,5 milliards d'euros, affirment Les Echos, jeudi 16 septembre.
Trois d'entre elles concernent directement les assurés, selon le quotidien économique : les taux de remboursement seront légèrement réduits pour certains médicaments — ceux qui sont pris en charge à 35 % — pour les consultations de médecin ou encore certains frais d'hospitalisation. Budgétairement, le plan affectera surtout les laboratoires pharmaceutiques.
Du côté des recettes, les entreprises devront cotiser 400 millions de plus au titre des accidents du travail.
Début juillet 2010, l'assurance-maladie avait suggéré plusieurs pistes pour économiser 2,2 milliards d'euros en 2011, comme la baisse des tarifs des analyses médicales, pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'Etat souhaite que la progression des dépenses d'assurance-maladie ne dépasse pas 2,9 % en 2011, alors que leur rythme annuel s'est établi entre 3 et 4 % ces dernières années. En 2011, l'objectif est de rédduire le déficit de la Sécu à un peu plus de 23 milliards d'euros.
jeudi 16 septembre 2010
dimanche 12 septembre 2010
Deuxième année de baisse des déficits pour les hôpitaux
Le Figaro, 13 septembre 2010
Le «trou» a diminué de 74 millions d'euros en 2009 dans les établissements publics et privés non lucratifs.
Les hôpitaux poursuivent leur convalescence. Selon le ministère de la Santé, leur déficit global a atteint 497 millions d'euros l'an dernier, sur 64 milliards de recettes.
Une amélioration de 13% par rapport à 2008 (571 millions de déficit), qui marquait déjà un progrès par rapport au «pic» de 2007 (686 millions), inversant la tendance après plusieurs années de dégradation.
Plus des deux tiers des établissements ont été à l'équilibre ou excédentaires en 2009 (69%, contre 64% un an auparavant).
Les déficits sont en fait de plus en plus concentrés sur un petit nombre d'hôpitaux, singulièrement les CHU, dont la situation d'ensemble, même dans le rouge, s'améliore.
Sept des 31 centres hospitalo-universitaires n'affichent pas de «trou» (Angers, Orléans, Nîmes, Limoges, Poitiers, Toulouse, Tours), contre 3 seulement en 2008.
Seul hic: l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont le résultat plonge de - 21 à - 94 millions d'euros, efface à elle seule ce redressement.
Le ministère juge encourageant que ces améliorations découlent moins d'une envolée des recettes (+3%, dont l'essentiel provient de l'Assurance-maladie) que d'une «maîtrise des charges» (+2,85%).
De loin, le principal poste de dépenses, la masse salariale, n'a progressé que de 1,89%. Ce qui semble cohérent avec l'estimation annoncée il y a plusieurs mois par la Fédération hospitalière de France, selon laquelle les effectifs ont reculé l'an dernier de 1800 agents, sur plus d'un million. Le ministère ne confirme toutefois pas cette baisse, qui traduirait un vrai retournement.
Paris, Marseille et Lyon
Le chiffre de 497 millions d'euros pour 2009, conforme au déficit prévisionnel (ce qui est en soi une bonne nouvelle!), est quasi définitif: il concerne 85% des établissements publics et privés non lucratifs, représentant 94% de la masse financière du secteur.
Il porte sur les «budgets principaux», généralement pris pour référence, et qui correspondent à l'activité de soin des hôpitaux.
Les budgets totaux, qui incluent aussi les activités «annexes» comme les écoles de formation des infirmières ou le «long séjour», affichent eux aussi un déficit en recul, à 302 millions d'euros contre 392 millions en 2008.
Pour le ministère de la Santé, l'objectif de comptes équilibrés en 2012 pour l'ensemble du système hospitalier est ainsi en bonne voie… si l'on exclut du périmètre l'AP-HP, l'AP-HM (Marseille) et les HCL (Lyon) -autrement dit, les trois plus gros établissements de France, dont le redressement sera plus lent.
Sans remettre en cause la tendance à l'amélioration, la Cour des comptes a estimé la semaine dernière que les déficits étaient minorés de 25% par des pratiques comptables contestables, notamment sur les amortissements et les provisions.
L'entourage de Roselyne Bachelot le réfute et parle de «sensationnalisme». Il admet en revanche que «les efforts entamés doivent se poursuivre» pour mieux récupérer les sommes dues aux hôpitaux par les caisses de Sécu, les patients ou leur complémentaire.
La Cour, citant la direction générale de l'organisation des soins, relève que «les pertes de recettes liées aux insuffisances de la chaîne de facturation seraient comprises entre 5% et 15% du budget des hôpitaux»!
Le «trou» a diminué de 74 millions d'euros en 2009 dans les établissements publics et privés non lucratifs.
Les hôpitaux poursuivent leur convalescence. Selon le ministère de la Santé, leur déficit global a atteint 497 millions d'euros l'an dernier, sur 64 milliards de recettes.
Une amélioration de 13% par rapport à 2008 (571 millions de déficit), qui marquait déjà un progrès par rapport au «pic» de 2007 (686 millions), inversant la tendance après plusieurs années de dégradation.
Plus des deux tiers des établissements ont été à l'équilibre ou excédentaires en 2009 (69%, contre 64% un an auparavant).
Les déficits sont en fait de plus en plus concentrés sur un petit nombre d'hôpitaux, singulièrement les CHU, dont la situation d'ensemble, même dans le rouge, s'améliore.
Sept des 31 centres hospitalo-universitaires n'affichent pas de «trou» (Angers, Orléans, Nîmes, Limoges, Poitiers, Toulouse, Tours), contre 3 seulement en 2008.
Seul hic: l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont le résultat plonge de - 21 à - 94 millions d'euros, efface à elle seule ce redressement.
Le ministère juge encourageant que ces améliorations découlent moins d'une envolée des recettes (+3%, dont l'essentiel provient de l'Assurance-maladie) que d'une «maîtrise des charges» (+2,85%).
De loin, le principal poste de dépenses, la masse salariale, n'a progressé que de 1,89%. Ce qui semble cohérent avec l'estimation annoncée il y a plusieurs mois par la Fédération hospitalière de France, selon laquelle les effectifs ont reculé l'an dernier de 1800 agents, sur plus d'un million. Le ministère ne confirme toutefois pas cette baisse, qui traduirait un vrai retournement.
Paris, Marseille et Lyon
Le chiffre de 497 millions d'euros pour 2009, conforme au déficit prévisionnel (ce qui est en soi une bonne nouvelle!), est quasi définitif: il concerne 85% des établissements publics et privés non lucratifs, représentant 94% de la masse financière du secteur.
Il porte sur les «budgets principaux», généralement pris pour référence, et qui correspondent à l'activité de soin des hôpitaux.
Les budgets totaux, qui incluent aussi les activités «annexes» comme les écoles de formation des infirmières ou le «long séjour», affichent eux aussi un déficit en recul, à 302 millions d'euros contre 392 millions en 2008.
Pour le ministère de la Santé, l'objectif de comptes équilibrés en 2012 pour l'ensemble du système hospitalier est ainsi en bonne voie… si l'on exclut du périmètre l'AP-HP, l'AP-HM (Marseille) et les HCL (Lyon) -autrement dit, les trois plus gros établissements de France, dont le redressement sera plus lent.
Sans remettre en cause la tendance à l'amélioration, la Cour des comptes a estimé la semaine dernière que les déficits étaient minorés de 25% par des pratiques comptables contestables, notamment sur les amortissements et les provisions.
L'entourage de Roselyne Bachelot le réfute et parle de «sensationnalisme». Il admet en revanche que «les efforts entamés doivent se poursuivre» pour mieux récupérer les sommes dues aux hôpitaux par les caisses de Sécu, les patients ou leur complémentaire.
La Cour, citant la direction générale de l'organisation des soins, relève que «les pertes de recettes liées aux insuffisances de la chaîne de facturation seraient comprises entre 5% et 15% du budget des hôpitaux»!
mercredi 8 septembre 2010
Les études de médecine en pleine mutation
Le Figaro, 8 septembre 2010
La réforme est censée lutter contre le «gâchis humain». Mais certains préconisent une sélection avant l'inscription.
Cette rentrée scolaire voit la mise en place de la réforme des études de médecine à l'université. La nouveauté consiste en l'instauration d'une première année commune aux formations de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien.
«Comme il y avait à présent deux concours pour la médecine et dentaire, bien souvent, les étudiants qui optaient pour dentaire étaient ceux qui n'avaient pas pu être en rang utile pour médecine», explique avec diplomatie le Pr Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes, la plus grosse fac de médecine en France.
Il déplore une «sélection par l'échec» et regrette que certains étudiants aient dû notamment opter pour la profession de sage-femme par défaut au lieu de faire ce métier par choix. La France compte près de 40.000 étudiants en médecine en première année.
En juin 2010, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, avait déclaré: «Le premier objectif de la réforme est de lutter contre le gâchis humain que représente pour une majorité d'étudiants la première année d'études de santé (PAES).» Dont acte.
Pour le premier semestre, huit unités d'enseignement sont proposées dans les disciplines fondamentales (physique, chimie et biologie). Chacune de ces unités comprend 80 heures d'enseignement au terme desquelles aura lieu le concours (première quinzaine de janvier).
Après obtention des résultats quinze jours plus tard, les étudiants devront s'inscrire dans une à quatre unités d'enseignements spécifiques, selon la (ou les) filière choisie: maïeutique, et/ou médecine-kinésithérapie, et/ou odontologie, et/ou pharmacie. Cette inscription constitue un choix qui ne pourra plus être modifié.
Le problème c'est que cette année, en raison justement de cette réforme, on note une augmentation du nombre d'inscrits en première année selon l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Elle serait de l'ordre de 5% (plus de 10% à Paris Descartes).
«Du coup, les universités ont prévu des cours retransmis par vidéo, explique la présidente de l'ANEMF, Ingrid Bastide. Et certaines devront même délocaliser leurs cours, comme c'est le cas à Strasbourg.»
La réforme va donc entraîner des casse-tête logistiques. Ainsi, plus de 11 amphithéâtres sont prévus et on estime à 33 le nombre d'étudiants par TD à Paris-Descartes.
Son doyen, Patrick Berche, plaide du coup pour une sélection avant la première année, à l'image de ce qui se fait ailleurs dans le monde.
«Prendre en considération les résultats obtenus au lycée, la mention au bac et réaliser un entretien de l'étudiant permettrait de recruter moins de candidats, relève-t-il. Au lieu des 3.500 élèves que nous avons chaque année -alors que le numerus clausus est à 40-, nous devrions en prendre 1.200.» Ne serait-ce pas la solution pour lutter contre le «gâchis humain»?
«Je dis souvent qu'on a plus de chances d'être médecin en allant faire ses études à Amiens. Là-bas, on est pris en dessous de la moyenne alors qu'à Descartes on est recalé avec 12,8», argumente encore le doyen. Sans oublier ceux qui partent à l'étranger décrocher leur diplôme.
De son côté, Axel Kahn regrette que cette réforme soit «moins radicale» qu'il aurait souhaité. À savoir une licence commune aux futurs médecins, kinés, podologues ou encore professeurs de biologie.
«Je voulais une licence globale avec trois ans de tronc commun pour acquérir une base non seulement en sciences mais aussi en humanités», confie le généticien.
La réforme est censée lutter contre le «gâchis humain». Mais certains préconisent une sélection avant l'inscription.
Cette rentrée scolaire voit la mise en place de la réforme des études de médecine à l'université. La nouveauté consiste en l'instauration d'une première année commune aux formations de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien.
«Comme il y avait à présent deux concours pour la médecine et dentaire, bien souvent, les étudiants qui optaient pour dentaire étaient ceux qui n'avaient pas pu être en rang utile pour médecine», explique avec diplomatie le Pr Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes, la plus grosse fac de médecine en France.
Il déplore une «sélection par l'échec» et regrette que certains étudiants aient dû notamment opter pour la profession de sage-femme par défaut au lieu de faire ce métier par choix. La France compte près de 40.000 étudiants en médecine en première année.
En juin 2010, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, avait déclaré: «Le premier objectif de la réforme est de lutter contre le gâchis humain que représente pour une majorité d'étudiants la première année d'études de santé (PAES).» Dont acte.
Pour le premier semestre, huit unités d'enseignement sont proposées dans les disciplines fondamentales (physique, chimie et biologie). Chacune de ces unités comprend 80 heures d'enseignement au terme desquelles aura lieu le concours (première quinzaine de janvier).
Après obtention des résultats quinze jours plus tard, les étudiants devront s'inscrire dans une à quatre unités d'enseignements spécifiques, selon la (ou les) filière choisie: maïeutique, et/ou médecine-kinésithérapie, et/ou odontologie, et/ou pharmacie. Cette inscription constitue un choix qui ne pourra plus être modifié.
Le problème c'est que cette année, en raison justement de cette réforme, on note une augmentation du nombre d'inscrits en première année selon l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Elle serait de l'ordre de 5% (plus de 10% à Paris Descartes).
«Du coup, les universités ont prévu des cours retransmis par vidéo, explique la présidente de l'ANEMF, Ingrid Bastide. Et certaines devront même délocaliser leurs cours, comme c'est le cas à Strasbourg.»
La réforme va donc entraîner des casse-tête logistiques. Ainsi, plus de 11 amphithéâtres sont prévus et on estime à 33 le nombre d'étudiants par TD à Paris-Descartes.
Son doyen, Patrick Berche, plaide du coup pour une sélection avant la première année, à l'image de ce qui se fait ailleurs dans le monde.
«Prendre en considération les résultats obtenus au lycée, la mention au bac et réaliser un entretien de l'étudiant permettrait de recruter moins de candidats, relève-t-il. Au lieu des 3.500 élèves que nous avons chaque année -alors que le numerus clausus est à 40-, nous devrions en prendre 1.200.» Ne serait-ce pas la solution pour lutter contre le «gâchis humain»?
«Je dis souvent qu'on a plus de chances d'être médecin en allant faire ses études à Amiens. Là-bas, on est pris en dessous de la moyenne alors qu'à Descartes on est recalé avec 12,8», argumente encore le doyen. Sans oublier ceux qui partent à l'étranger décrocher leur diplôme.
De son côté, Axel Kahn regrette que cette réforme soit «moins radicale» qu'il aurait souhaité. À savoir une licence commune aux futurs médecins, kinés, podologues ou encore professeurs de biologie.
«Je voulais une licence globale avec trois ans de tronc commun pour acquérir une base non seulement en sciences mais aussi en humanités», confie le généticien.
Le nombre de médecins installés recule en France
Le Figaro, 8 septembre 2010
Moins de 200 000 praticiens sont désormais en «activité régulière», selon l'Atlas annuel du Conseil de l'ordre.
D'année en année, la perspective se confirme : accéder à un médecin va devenir de plus en plus difficile.
La densité médicale commence à baisser, constatait pour la première fois le Conseil national de l'ordre il y a un an.
La tendance se poursuit (290,3 praticiens pour 100 000 habitants le 1er janvier dernier, contre 300,2 début 2008).
Mais désormais, le nombre de médecins «en activité régulière» recule aussi en valeur absolue : ils étaient 199 736 en début d'année, soit un repli de 2 %.
Une première que la hausse de 5,5 % du nombre de remplaçants, à 9 999 médecins, ne compense qu'en petite partie. D'autant plus - même si aucun chiffre n'est disponible - que le temps de travail de ces derniers est sans doute inférieur.
Phénomène nouveau : certains médecins autrefois installés ferment leur cabinet et deviennent remplaçants, visiblement pour échapper aux semaines à rallonge.
• Des inégalités régionales persistantes.
Si la région Paca compte 375 médecins en activité régulière pour 100 000 habitants, et l'Ile-de-France 373, le taux est inférieur à 240 en Picardie. Le Centre, les deux Normandies, la Champagne-Ardenne, les Pays de la Loire, et la Bourgogne sont aussi mal loties.
«L'impact des mesures incitatives» pour attirer les médecins dans ces régions «est non probant», tranche l'Ordre. Et c'est aussi dans les régions où la densité est la plus faible que les médecins sont les plus âgés. La Meurthe-et-Moselle a ainsi perdu 427 médecins en un an.
• Une pyramide des âges inquiétante.
Le nombre de médecins retraités a augmenté de 5,2 % en un an. La moyenne d'âge de ceux qui travaillent est de 51 ans et les effectifs de médecins de plus de 50 ans ont augmenté de… 53 % entre 2008 et 2009 !
Si les jeunes s'entassent encore dans les amphis en première année de médecine, dix ans plus tard «ils cherchent à faire autre chose que la médecine classique», regrette le président de l'Ordre, Michel Legmann selon qui gardes, charges et paperasse détournent les «carabins» de la médecine générale, notamment. Ils préfèrent des spécialités plus «tranquilles» comme l'homéopathie.
Les deux tiers des nouveaux inscrits à l'Ordre sont salariés (hôpital, établissements mutualistes, médecine du travail…), ce qui exclut l'activité de généraliste.
Cela n'est sans doute pas sans lien avec leur féminisation (52 % des effectifs), car le travail à temps partiel y est plus fréquent - même si, là encore, les données exactes manquent. Quelques-uns, enfin, s'exilent au Canada ou en Grande-Bretagne.
Combinés au nombre croissant de généralistes, ces éléments montrent que la baisse des effectifs n'est que la partie émergée de l'iceberg : les jeunes médecins travaillent moins que leurs aînés et ne choisissent pas les spécialités où les besoins sont les plus élevés.
• Davantage de Belges que de Roumains.
Face à la pénurie, hôpitaux, cabinets de ville et mairies «chassent» des médecins étrangers.
Le cas des Roumains a souvent été médiatisé mais ils ne représentent que 12 % des 9 112 médecins étrangers en activité, derrière les Belges (16,4 %).
Suivent les Allemands (10,9 %), les Algériens (10,3 %) les Italiens, les Marocains, les Tunisiens et les Espagnols - toutefois les praticiens non européens des hôpitaux publics ne sont pas inscrits à l'Ordre et n'apparaissent donc pas dans ces chiffres.
Autre idée reçue : ces médecins étrangers ne s'installent pas plus à la campagne que leurs confrères français. Pas de quoi combler les inégalités…
Enfin, à propos des médecins roumains et bulgares, le Dr Legmann s'inquiète d'un «problème de niveau» et déplore que les règles européennes de reconnaissance des diplômes «ne parlent que de la durée des études, pas du contenu. On a eu des déboires».
Moins de 200 000 praticiens sont désormais en «activité régulière», selon l'Atlas annuel du Conseil de l'ordre.
D'année en année, la perspective se confirme : accéder à un médecin va devenir de plus en plus difficile.
La densité médicale commence à baisser, constatait pour la première fois le Conseil national de l'ordre il y a un an.
La tendance se poursuit (290,3 praticiens pour 100 000 habitants le 1er janvier dernier, contre 300,2 début 2008).
Mais désormais, le nombre de médecins «en activité régulière» recule aussi en valeur absolue : ils étaient 199 736 en début d'année, soit un repli de 2 %.
Une première que la hausse de 5,5 % du nombre de remplaçants, à 9 999 médecins, ne compense qu'en petite partie. D'autant plus - même si aucun chiffre n'est disponible - que le temps de travail de ces derniers est sans doute inférieur.
Phénomène nouveau : certains médecins autrefois installés ferment leur cabinet et deviennent remplaçants, visiblement pour échapper aux semaines à rallonge.
• Des inégalités régionales persistantes.
Si la région Paca compte 375 médecins en activité régulière pour 100 000 habitants, et l'Ile-de-France 373, le taux est inférieur à 240 en Picardie. Le Centre, les deux Normandies, la Champagne-Ardenne, les Pays de la Loire, et la Bourgogne sont aussi mal loties.
«L'impact des mesures incitatives» pour attirer les médecins dans ces régions «est non probant», tranche l'Ordre. Et c'est aussi dans les régions où la densité est la plus faible que les médecins sont les plus âgés. La Meurthe-et-Moselle a ainsi perdu 427 médecins en un an.
• Une pyramide des âges inquiétante.
Le nombre de médecins retraités a augmenté de 5,2 % en un an. La moyenne d'âge de ceux qui travaillent est de 51 ans et les effectifs de médecins de plus de 50 ans ont augmenté de… 53 % entre 2008 et 2009 !
Si les jeunes s'entassent encore dans les amphis en première année de médecine, dix ans plus tard «ils cherchent à faire autre chose que la médecine classique», regrette le président de l'Ordre, Michel Legmann selon qui gardes, charges et paperasse détournent les «carabins» de la médecine générale, notamment. Ils préfèrent des spécialités plus «tranquilles» comme l'homéopathie.
Les deux tiers des nouveaux inscrits à l'Ordre sont salariés (hôpital, établissements mutualistes, médecine du travail…), ce qui exclut l'activité de généraliste.
Cela n'est sans doute pas sans lien avec leur féminisation (52 % des effectifs), car le travail à temps partiel y est plus fréquent - même si, là encore, les données exactes manquent. Quelques-uns, enfin, s'exilent au Canada ou en Grande-Bretagne.
Combinés au nombre croissant de généralistes, ces éléments montrent que la baisse des effectifs n'est que la partie émergée de l'iceberg : les jeunes médecins travaillent moins que leurs aînés et ne choisissent pas les spécialités où les besoins sont les plus élevés.
• Davantage de Belges que de Roumains.
Face à la pénurie, hôpitaux, cabinets de ville et mairies «chassent» des médecins étrangers.
Le cas des Roumains a souvent été médiatisé mais ils ne représentent que 12 % des 9 112 médecins étrangers en activité, derrière les Belges (16,4 %).
Suivent les Allemands (10,9 %), les Algériens (10,3 %) les Italiens, les Marocains, les Tunisiens et les Espagnols - toutefois les praticiens non européens des hôpitaux publics ne sont pas inscrits à l'Ordre et n'apparaissent donc pas dans ces chiffres.
Autre idée reçue : ces médecins étrangers ne s'installent pas plus à la campagne que leurs confrères français. Pas de quoi combler les inégalités…
Enfin, à propos des médecins roumains et bulgares, le Dr Legmann s'inquiète d'un «problème de niveau» et déplore que les règles européennes de reconnaissance des diplômes «ne parlent que de la durée des études, pas du contenu. On a eu des déboires».
dimanche 5 septembre 2010
Hôpitaux franciliens: une réduction drastique des services de nuit à l'étude
Libération, 5 septembre 2010
Un document de travail de l'Agence régionale de Santé, révélé par Le Parisien, recommande de diminuer le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France à un seul par département, contre six à 11 actuellement.
Le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France devrait être réduit à un seul par département, contre six à 11 actuellement. C'est ce que recommande un document de travail de l'Agence régionale de Santé (ARS), dévoilé ce dimanche par le Parisien, qui invoque le fait qu’ils «tournent au ralenti».
«Trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit», affirme ce document intitulé «Permanence des soins hospitaliers, organisation et financement» et présenté lors d'une réunion à l'ARS en juillet dernier. Le terme «nuit» englobe la période de 18h30 à 8 heures du matin.
«Un seul bloc devrait être ouvert pendant 24 heures dans chaque département», suggère le rapport. Toutefois, le président de l'ARS d'Ile-de-France assure qu'il ne s'agit que d'un «document de travail». «Ce document de travail vise juste à lancer la réflexion», a-t-il relativisé, interrogé par le Parisien.
Selon le rapport, «cette rationalisation doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (...) et rendre le dispositif plus efficient». Un projet analogue serait à l'étude pour la province, selon le Parisien.
«On met dans le même panier la période 18heures-minuit, pendant laquelle la vie continue et où les patients arrivent en masse à l’hôpital, et la période après minuit où l’activité est quasi nulle», a déploré François Aubard, président de la Coordination médicale hospitalière, interrogé par le quotidien.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait fixé comme premier objectif aux ARS d'améliorer la permanence des soins «dès les prochains mois», lors du lancement en avril de ces entités chapeautant des secteurs jusqu'ici cloisonnés comme l'hôpital, la médecine de ville et le médico-social (personnes âgées, handicapées).
Un document de travail de l'Agence régionale de Santé, révélé par Le Parisien, recommande de diminuer le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France à un seul par département, contre six à 11 actuellement.
Le nombre de blocs opératoires de nuit en Ile-de-France devrait être réduit à un seul par département, contre six à 11 actuellement. C'est ce que recommande un document de travail de l'Agence régionale de Santé (ARS), dévoilé ce dimanche par le Parisien, qui invoque le fait qu’ils «tournent au ralenti».
«Trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit», affirme ce document intitulé «Permanence des soins hospitaliers, organisation et financement» et présenté lors d'une réunion à l'ARS en juillet dernier. Le terme «nuit» englobe la période de 18h30 à 8 heures du matin.
«Un seul bloc devrait être ouvert pendant 24 heures dans chaque département», suggère le rapport. Toutefois, le président de l'ARS d'Ile-de-France assure qu'il ne s'agit que d'un «document de travail». «Ce document de travail vise juste à lancer la réflexion», a-t-il relativisé, interrogé par le Parisien.
Selon le rapport, «cette rationalisation doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (...) et rendre le dispositif plus efficient». Un projet analogue serait à l'étude pour la province, selon le Parisien.
«On met dans le même panier la période 18heures-minuit, pendant laquelle la vie continue et où les patients arrivent en masse à l’hôpital, et la période après minuit où l’activité est quasi nulle», a déploré François Aubard, président de la Coordination médicale hospitalière, interrogé par le quotidien.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait fixé comme premier objectif aux ARS d'améliorer la permanence des soins «dès les prochains mois», lors du lancement en avril de ces entités chapeautant des secteurs jusqu'ici cloisonnés comme l'hôpital, la médecine de ville et le médico-social (personnes âgées, handicapées).
mardi 24 août 2010
Les dépenses de santé ont fini de déraper
Le Figaro, 14 août 2010
Elles ont progressé de 3% sur les sept premiers mois de 2010, soit le niveau fixé par les Parlementaires en octobre.
Une nouvelle qui tombe à pic pour le gouvernement en ces temps de disette budgétaire. Les dépenses d'assurance-maladie ont progressé de 3% sur les sept premiers de l'année par rapport à la même période en 2009. Soit ni plus ni moins que l'objectif national de dépenses (Ondam) fixé en octobre 2009 par le Parlement pour l'ensemble de l'année. Le taux de croissance de l'ensemble des dépenses de santé atteint toutefois 3,8% sur un an (août 2009-juillet 2010).
Cet équilibre par rapport aux prévisions sur les sept premiers mois de 2010 confirme la tendance enregistrée le mois dernier et s'explique par la bonne tenue des remboursements de soins de ville (hors hôpitaux) qui représentent un peu moins de la moitié du total.
Pour la période de janvier à juillet 2010, les dépenses de ville ont en effet progressé de 2,9%, contre 3,1% à la fin juin et 3,3% à fin mai. Mieux, si l'on tient compte des retards de facturation des médicaments rétrocédés à l'assurance maladie pour les hôpitaux en 2009, leur évolution peut être estimée à + 2,6% sur les sept derniers mois. Soit 0,2 point de moins que le + 2,8 % fixé par le gouvernement au printemps.
Cette performance des dépenses de ville est en grande partie due à la quasi stagnation sur sept mois des honoraires des médecins et des dentistes qui ne progressent que de 0,1% sur la période et ont même reculé de 1,2% au seul mois de juillet.
Les soins des auxiliaires médicaux ont en revanche continué à fortement progresser (+6%), mais un peu moins que le mois précédent en raison de l'atténuation sensible de l'évolution des dépenses de soins infirmiers.
La progression des médicaments délivrés en ville est quant à elle restée modérée, à 1,4%, tout comme celle des dépenses d'analyse médicales (+0,6%).
Enfin, les indemnités journalières, versées en compensation des arrêts maladie, semblent définitivement sorties de trois ans de spirale haussière: elles ont augmenté de 4,9% sur sept mois, comme en juin.
Les versements aux établissements de santé ont pour leur part progressé de 2,1% à fin juillet, dans des proportions quasi similaires entre le public (+2%) et le privé (+2,4%). A la fin juillet, les versements aux établissements médico-sociaux ont enfin augmenté de 8,6% dont + 10,6% pour les seules personnes âgées.
Elles ont progressé de 3% sur les sept premiers mois de 2010, soit le niveau fixé par les Parlementaires en octobre.
Une nouvelle qui tombe à pic pour le gouvernement en ces temps de disette budgétaire. Les dépenses d'assurance-maladie ont progressé de 3% sur les sept premiers de l'année par rapport à la même période en 2009. Soit ni plus ni moins que l'objectif national de dépenses (Ondam) fixé en octobre 2009 par le Parlement pour l'ensemble de l'année. Le taux de croissance de l'ensemble des dépenses de santé atteint toutefois 3,8% sur un an (août 2009-juillet 2010).
Cet équilibre par rapport aux prévisions sur les sept premiers mois de 2010 confirme la tendance enregistrée le mois dernier et s'explique par la bonne tenue des remboursements de soins de ville (hors hôpitaux) qui représentent un peu moins de la moitié du total.
Pour la période de janvier à juillet 2010, les dépenses de ville ont en effet progressé de 2,9%, contre 3,1% à la fin juin et 3,3% à fin mai. Mieux, si l'on tient compte des retards de facturation des médicaments rétrocédés à l'assurance maladie pour les hôpitaux en 2009, leur évolution peut être estimée à + 2,6% sur les sept derniers mois. Soit 0,2 point de moins que le + 2,8 % fixé par le gouvernement au printemps.
Cette performance des dépenses de ville est en grande partie due à la quasi stagnation sur sept mois des honoraires des médecins et des dentistes qui ne progressent que de 0,1% sur la période et ont même reculé de 1,2% au seul mois de juillet.
Les soins des auxiliaires médicaux ont en revanche continué à fortement progresser (+6%), mais un peu moins que le mois précédent en raison de l'atténuation sensible de l'évolution des dépenses de soins infirmiers.
La progression des médicaments délivrés en ville est quant à elle restée modérée, à 1,4%, tout comme celle des dépenses d'analyse médicales (+0,6%).
Enfin, les indemnités journalières, versées en compensation des arrêts maladie, semblent définitivement sorties de trois ans de spirale haussière: elles ont augmenté de 4,9% sur sept mois, comme en juin.
Les versements aux établissements de santé ont pour leur part progressé de 2,1% à fin juillet, dans des proportions quasi similaires entre le public (+2%) et le privé (+2,4%). A la fin juillet, les versements aux établissements médico-sociaux ont enfin augmenté de 8,6% dont + 10,6% pour les seules personnes âgées.
lundi 23 août 2010
Primary-Care Doctors: Saying No to $191,000 a Year
By Ruchika Tulshyan Sunday, Aug. 22, 2010, Time Magazine
Last year, the U.S. government spent over $2 trillion on health care, the most of any OECD country. Still, with all that money going out the door there is a worsening income crisis among primary-care physicians that, if unaddressed, will lead to an acute shortage of these doctors in the years ahead, when retiring baby boomers will need them most.
The education pipeline offers no hint of improvement. Less than 2% of current medical students are interested in general internal medicine and 4.9% in family-care practice, says a study by Dr. Karen Hauer, published in the Journal of the American Medical Association.
While a growing concern, it's no mystery as to why the general practitioner (GP) is a dying breed. Rising medical-school costs — up between 4% and 7% from last year, according to American Association of Medical Colleges (AAMC) data — and a continually widening gap between general-practitioner and specialist salaries make the career choice for medical students a fairly easy one: get a specialty.
"Primary care, especially family medicine, was what I wanted to do when I started medical school. Now three years later with $150,000 in debt, I am considering specializing in neurology," says Samantha Luk, a third-year medical-school student at Northwestern University.
While she hasn't ruled out family medicine when she has to make her career decision in 2011, the combination of a higher salary and more interesting work that neurology offers is swaying her to specialize.
In 2009, primary-care doctors earned a median salary of $191,401, according to the Medical Group Management Association's 2010 physician-compensation report.
Cardiologists earned a median of $457,310 and dermatologists made $385,088 — doctors who owned their practices earned much more, on average.
In these tough economic times, most Americans would say that any of those incomes seem high. In fact, the primary-care doctor's gross is often far short of what they need to make ends meet.
The average medical-school student graduates with $200,000 in loans, according to the American Academy of Family Physicians (AAFP). This doesn't include their debt related to four years of undergraduate study. For some students the total debt burden can reach nearly $500,000 — a daunting sum that puts many of them off family medicine.
"Money is a bigger influence on these decisions than most students will admit," Luk says. Plus, specialties offer lifestyle advantages, like more time with family in the long run.
Even for students without heavy debt burdens, the appeal of a general practice is low.
"I don't believe medical students go into this profession to make money," says Jamil Ortoleva, a third-year medical student at Columbia University. "But family physicians don't make enough to cover costs of running a clinic, the insurance is high and so many clinics have closed over the past few years. Even GPs still in business have to take on more patients to pay the bills. The quality of care goes down, and that's a huge deterrent," he adds.
(See 10 players in health care reform.)
The trend away from family practice is already producing shortages in rural areas and could produce a national doctor crisis in just a few years.
"Unless more primary-care physicians are recruited, we estimate a shortage of 30,000 doctors by 2015," says Dr. Atul Grover, chief advocacy officer for the AAMC. "In 10 years, this shortage could go up to 150,000. It takes seven years to train a doctor, so we need to act now," he says.
The recent passage of health care reform legislation offers some improvement to primary-care doctors, but doctors see it as insufficient.
"The new legislation adds a 10% bonus to primary-care physicians' Medicare reimbursement salaries. But this is nowhere near enough. We need to see a 30% to 50% increase in salaries overall to make any real change in the system," says Dr. Lori Heim, president of the AAFP.
Read more: http://www.time.com/time/business/article/0,8599,2012443,00.html#ixzz0xQjdnXFQ
Last year, the U.S. government spent over $2 trillion on health care, the most of any OECD country. Still, with all that money going out the door there is a worsening income crisis among primary-care physicians that, if unaddressed, will lead to an acute shortage of these doctors in the years ahead, when retiring baby boomers will need them most.
The education pipeline offers no hint of improvement. Less than 2% of current medical students are interested in general internal medicine and 4.9% in family-care practice, says a study by Dr. Karen Hauer, published in the Journal of the American Medical Association.
While a growing concern, it's no mystery as to why the general practitioner (GP) is a dying breed. Rising medical-school costs — up between 4% and 7% from last year, according to American Association of Medical Colleges (AAMC) data — and a continually widening gap between general-practitioner and specialist salaries make the career choice for medical students a fairly easy one: get a specialty.
"Primary care, especially family medicine, was what I wanted to do when I started medical school. Now three years later with $150,000 in debt, I am considering specializing in neurology," says Samantha Luk, a third-year medical-school student at Northwestern University.
While she hasn't ruled out family medicine when she has to make her career decision in 2011, the combination of a higher salary and more interesting work that neurology offers is swaying her to specialize.
In 2009, primary-care doctors earned a median salary of $191,401, according to the Medical Group Management Association's 2010 physician-compensation report.
Cardiologists earned a median of $457,310 and dermatologists made $385,088 — doctors who owned their practices earned much more, on average.
In these tough economic times, most Americans would say that any of those incomes seem high. In fact, the primary-care doctor's gross is often far short of what they need to make ends meet.
The average medical-school student graduates with $200,000 in loans, according to the American Academy of Family Physicians (AAFP). This doesn't include their debt related to four years of undergraduate study. For some students the total debt burden can reach nearly $500,000 — a daunting sum that puts many of them off family medicine.
"Money is a bigger influence on these decisions than most students will admit," Luk says. Plus, specialties offer lifestyle advantages, like more time with family in the long run.
Even for students without heavy debt burdens, the appeal of a general practice is low.
"I don't believe medical students go into this profession to make money," says Jamil Ortoleva, a third-year medical student at Columbia University. "But family physicians don't make enough to cover costs of running a clinic, the insurance is high and so many clinics have closed over the past few years. Even GPs still in business have to take on more patients to pay the bills. The quality of care goes down, and that's a huge deterrent," he adds.
(See 10 players in health care reform.)
The trend away from family practice is already producing shortages in rural areas and could produce a national doctor crisis in just a few years.
"Unless more primary-care physicians are recruited, we estimate a shortage of 30,000 doctors by 2015," says Dr. Atul Grover, chief advocacy officer for the AAMC. "In 10 years, this shortage could go up to 150,000. It takes seven years to train a doctor, so we need to act now," he says.
The recent passage of health care reform legislation offers some improvement to primary-care doctors, but doctors see it as insufficient.
"The new legislation adds a 10% bonus to primary-care physicians' Medicare reimbursement salaries. But this is nowhere near enough. We need to see a 30% to 50% increase in salaries overall to make any real change in the system," says Dr. Lori Heim, president of the AAFP.
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